
Les salaires des apprentis vont-ils baisser ? Si le projet de budget est adopté en l’état sur le sujet, il se pourrait que oui. En effet, comme le rappelle BFMTV, les apprentis bénéficient aujourd’hui d’exemptions de cotisations et de CSG. Or, dans le budget 2026, le gouvernement veut y mettre fin. D’ailleurs, si avant 2025 les apprentis pouvaient avoir un salaire net proche du brut, l’avantage a été raboté cette année, la part de leur salaire dépassant 50% du SMIC brut (autour de 900 euros) étant assujettie aux cotisations salariales et à la CSG.
Toutefois, le projet de budget 2026 prévoit de supprimer l’exemption. Interpellé sur le sujet à l’Assemblée nationale par le député communiste Edouard Bénard, le nouveau ministre du Travail a rappelé que «tout travail mérite cotisation» et que «l'exonération des cotisations salariales pour les apprentis» représentait «un coût important, 1,6 milliard d'euros». Le député communiste avait évoqué des cas précis, comme «Léa, 17 ans, apprentie pâtissière» qui gagnerait «moins 146 euros par mois».
Cotiser «à hauteur des droits sociaux»
Il y a aussi «Joachim, 21 ans, chaudronnier, moins 188 euros par mois» et encore «Salim, boulanger de 18 ans, moins 161 euros»… Des «revirements qui ont un coût», a fustigé le député à l’Assemblée nationale, posant une question très sérieuse : «Et qui peut vivre, et je parle là des adultes et que d'adultes, avec 613 euros par mois, sincèrement ?»
Toutefois, Jean-Pierre Farandou n’a pas voulu éluder le sujet, soulignant que «les apprentis disposent des mêmes droits contributifs que les salariés». Pourtant, ils n’y contribuent pas «à proportion de leur rémunération». Le ministre du Travail a donc jugé «légitime que nous puissions au moins débattre du fait qu'ils cotisent à hauteur des droits sociaux dont ils bénéficient».
Pour conclure, il a mis en exergue une disparité concernant «les salariés à temps partiel, lorsqu'ils sont étudiants (qui) ne disposent pas de cette exonération». Le secteur de l’apprentissage avait déjà été ciblé ces derniers mois. Les primes à l’embauche ont déjà été revues tandis que les salaires des alternants ont été allégés en mars. Le gouvernement prévoyait également un reste à charge pour les entreprises embauchant des apprentis de niveau bac +3 et au-delà.



















