Dans le meilleur des cas, ils vont renchérir le coût d’achat du bien et rogner sa rentabilité, dans le pire, empêcher l’investisseur d’emprunter, du fait du franchissement du seuil d’usure. Le plafonnement de la hausse des loyers à 3,5% (près de deux fois moins que l’inflation) ne contribue pas à réchauffer l’ambiance. Il y a aussi l’impact de la loi Climat : dès janvier, les biens dont la consommation d’énergie excède 450 kilowattheures par mètre carré (les pires de ceux classés G) seront interdits à la location (pour les baux nouveaux ou renouvelés). Près de 90.000 logements sont visés. Enfin, dans le neuf, la loi Pinel a perdu de son lustre. Non seulement le rabais d’impôts est raboté, mais les prix, tirés par la rareté de l’offre (– 9,8% de mises en chantier sur 12 mois), battent des records : + 5,8% en un an ! Seules les SCPI semblent échapper au marasme, et verseront près de 4,5% en 2022.

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Logements anciens

Biens dont le rendement devrait rester stable en 2023

Rentabilité : de 3 à 5,5% par an avant charges et impôts
Risque : de faible à moyen
Durée : 10 ans minimum

L’entrée en vigueur des premières mesures de la loi Climat a un effet bénéfique sur les prix : on voit apparaître des biens à vendre avec des décotes de 5 à 15%, notamment dans les métropoles comme Lyon, Lille ou Strasbourg. «L’investisseur doit néanmoins se demander s’il peut remonter la note énergétique du bien sans se ruiner, ce qui n’est pas toujours le cas», indique Martin Menez, président du cabinet de conseils Bevouac. En outre, certaines rénovations, comme l’isolation en façade des fenêtres, nécessiteront l’accord de la copropriété. «Et attention, entre le moment où les travaux sont mis à l’ordre du jour, et leur vote en assemblée, il peut s’écouler entre 9 et 12 mois», rappelle Stéphane van Huffel, directeur général de Netinvestissement.

Le sujet préoccupe aussi les banquiers : plus le diagnostic de performance énergétique (DPE) sera dégradé, plus ils exigeront de l’acquéreur une épargne suffisamment étoffée pour faire face aux factures de mises aux normes à régler.

La hausse continuelle de la taxe foncière est un autre paramètre à avoir en tête. Et pour cause : selon l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), cette ponction a augmenté de 24,9% en 10 ans (2,4 fois plus que l’inflation), dont + 4,7% en 2022. Dans certaines communes, on a même assisté à une explosion, comme à Poissy (+23,9%) ou Mantes-la-Jolie (+ 22,2%). Cela ne va pas s’arranger l’an prochain, puisque les bases de taxation devraient être revalorisées de l’inflation. Sauf rabot sur le taux d’imposition local, la note s’alourdira donc d’environ 7%, selon Bercy.

Quant à l’encadrement des loyers, s’il est appliqué dans de plus en plus de villes, comme récemment à Montpellier, Lyon et Bordeaux, il s’avère de son côté moins douloureux que prévu. Les plafonds adoptés permettent en effet aux bailleurs, notamment de deux et trois-pièces, de s’y retrouver, sauf dans le cas des ­studios, loués par le passé à des prix exorbitants.

Reste, enfin, à acheter au bon moment. Si la plupart des experts anticipent une poursuite de la hausse des prix dans les villes de taille moyenne (Albi, Besançon, Mulhouse…) et les régions rurales, ils pronostiquent à l’inverse un reflux de la cote à Paris et dans ses environs, qui pourrait s’échelonner de 2 à 4% en 2023. Dans ces zones, mieux vaut peut-être se montrer patient avant d’acheter.

Fiscalité : si le total de vos ­revenus fonciers est inférieur ou égal à 15.000 euros par an, vous relevez du régime microfoncier et bénéficiez d’un abattement de 30% sur les loyers. Le solde est soumis au barème de l’impôt sur le revenu (IR) et aux 17,2% des prélèvements ­sociaux. Si vos loyers dépassent 15.000 euros par an, vous relevez du régime réel (accessible sur option, irrévocable pendant 3 ans). Il permet de déduire des loyers les charges et, dans la limite du montant des loyers, les intérêts d’emprunt. Si le solde est positif, il est soumis à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. S’il est négatif, il est déductible du revenu global à hauteur de 10.700 euros par an. La part du déficit excédentaire et les intérêts d’emprunt qui dépassent le montant des loyers sont imputables sur les loyers des 10 années suivantes.
L’IR et les prélèvements sociaux sont ponctionnés sous la forme d’acomptes mensuels (ou, sur option, trimestriels), prélevés par le fisc, au montant calculé sur la base des revenus de l’année précédente. Les plus-­values sont taxées à 19% après un abattement pour durée de détention, aboutissant à une exonération totale après 22 ans. Elles supportent aussi les 17,2% de prélèvements sociaux,
après un autre abattement pour durée de détention aboutissant à une exonération totale au bout de 30 ans. Le patrimoine est soumis à l’IFI (impôt sur la fortune immobilière), avec un seuil d’entrée et un barème identiques à celui de l’ancien impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

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Logements neufs en régime pinel

Biens dont le rendement devrait baisser en 2023

Rentabilité : de 2 à 3,5% par an avant avantage fiscal
Risque : de moyen à élevé
Durée : 6 ans minimum

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