Une «année blanche» qui va probablement vous coûter cher. Le Premier ministre, François Bayrou, a confirmé le 15 juillet 2025 ce que pouvaient craindre les contribuables en ces temps d’austérité : le barème de l’impôt sur le revenu, comme de nombreuses autres prestations, ne sera pas revalorisé l’an prochain. En 2026, les tranches marginales d’imposition (TMI) ne seront donc pas relevées au niveau de l’inflation. Une hausse des prix attendue autour de 1% en 2025, qui aurait dû venir gonfler les seuils d’entrée dans les différentes tranches du barème… et diminuer le montant de votre impôt.

Sauf improbable revirement du gouvernement ou censure de l’exécutif lors du vote du projet de loi de finances pour 2026, la non-revalorisation du barème de l’impôt ne va pas être indolore. Elle coûtera environ 1,4 milliard d’euros aux contribuables, selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) publiée le 30 juin, ou 1,2 milliard d’euros, d’après une note de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) révélée le même jour. Une différence de chiffrage qui tient à l’inflation retenue pour calculer les effets de cette année blanche : quand l’IPP table sur une hausse des prix hors tabac de 1,3% en 2025, l’OFCE limite son anticipation à 1,1%.

Or plus l’inflation observée sur l’exercice 2025 sera élevée, plus la perte pour les contribuables frappés par l’année blanche le sera aussi. Pour rappel, le barème de l’impôt sur le revenu en vigueur cette année est le suivant :

  • 0% entre 0 et 11 497 euros
  • 11% de 11 497 à 29 315 euros
  • 30% de 29 315 à 83 823 euros
  • 41% de 83 823 à 180 294 euros
  • 45% au-dessus de 180 294 euros

75 euros d’impôt supplémentaire avec une inflation de 1,1%

Avec une inflation à 1,1% en 2025, et en l’absence de gel du barème, les nouveaux seuils valables en 2026 (pour l’imposition des revenus de 2025) se fixeraient à :

  • 0% entre 0 et 11 623 euros
  • 11% de 11 623 à 29 637 euros
  • 30% de 29 637 à 84 745 euros
  • 41% de 84 745 à 182 277 euros
  • 45% au-dessus de 182 277 euros

Ainsi, un contribuable célibataire ayant touché 40 000 euros de revenus en 2024 a payé 3 965 euros d’impôt sur le revenu l’an passé. Avec un gel du barème, il s’acquittera du même montant si ses revenus n’évoluent pas en 2025. Si les tranches étaient revalorisées de 1,1%, il ne paierait en revanche «que» 3 890 euros sur ses revenus de 2025, soit 75 euros de moins.

Si le salaire de ce même célibataire a augmenté de 1,1% en 2025, à 40 440 euros, il paiera 4 084 euros en cas d’année blanche. Avec un barème revalorisé sur une inflation à 1,1%, il devrait règler seulement 4 009,2 euros d’impôt au fisc. Soit, là encore, 75 euros de moins.

89 euros d’impôt en plus avec une inflation à 1,3%

Si l’inflation atteint 1,3% en 2025, en l’absence de gel, le barème de l’impôt en vigueur sur les revenus de 2025 serait le suivant :

  • 0% entre 0 et 11 646 euros
  • 11% de 11 646 à 29 696 euros
  • 30% de 29 696 à 84 913 euros
  • 41% de 84 913 à 182 638 euros
  • 45% au-dessus de 182 638 euros

Notre célibataire, à revenus constants entre 2024 et 2025 (40 000 euros) et si les tranches du barème sont revalorisées de 1,3%, paierait alors 3 876,7 euros d’impôt sur ses revenus de 2025. Soit 88 euros de moins qu’en 2024.

Si son salaire augmente au niveau de cette inflation en 2025, à 40 520 euros, il paiera 4 106 euros en cas de gel du barème. Avec un barème revalorisé, il paierait 4 017,1 euros. Soit près de 89 euros en moins.