Les fraudeurs sont de plus en plus ingénieux dans leur entreprise, alors les inspecteurs doivent donc redoubler d’attention et intensifier les contrôles. En visite dans un centre de l’Urssaf de Seine-et-Marne, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a abordé un projet de loi qu’il porte pour mieux lutter contre les fraudes et le travail dissimulé, destiné à doter les inspecteurs d’outils juridiques plus élaborés pour mieux détecter les montages frauduleux, selon Le Parisien.

En 2025, l’Urssaf a mené pas moins de 12 000 actions de contrôle. La moitié d’entre elles a été effectuée à titre préventif. C’est bien davantage que les années précédentes, et reflète la montée en puissance des pratiques frauduleuses et de plus en plus élaborées. «Près de 800 millions d’euros de redressement ont été effectués en 2025» détaille Didier Malric, directeur de l’Urssaf Île-de-France.

Des fraudeurs plus rapides

Les stratégies des fraudeurs sont très bien rodées. Par exemple, certaines sociétés appelées pour un redressement disparaissent rapidement. La raison : un délai de quinze jours laisse le temps aux fraudeurs de transférer les fonds. Pour y remédier, le ministre du Travail encourage la mise en place d’une procédure de flagrance pour bloquer les comptes.

Aussi, les fraudeurs ont souvent des profils ressemblants, puisque leurs structures ne pratiquent régulièrement aucune activité, leurs adresses postales sont fictives et leurs effectifs peuvent être sous-estimés. Pour lutter, la loi renforcerait la responsabilité du maître d’œuvre en mettant en place une solidarité financière, si l’entreprise a mis en place une sous-traitance en cascade. Un enjeu central, quand 80 % des sociétés qui sont redressées fiscalement ont tendance à disparaître dans l’année. Pour parvenir à mieux combattre la fraude sociale, l’Urssaf a aussi musclé ses équipes : le nombre d’inspecteurs est passé de 35 en 2018 à 100 en 2026.