Si vous faites partie des 13 millions de salariés détenteurs d’épargne salariale en juin 2025, selon l’AFG, les sommes accumulées sur votre plan d'épargne entreprise (PEE) et votre plan d’épargne retraite collectif (Perco ou PER) méritent toute votre attention au moment de quitter votre entreprise. D’après le Cercle de l’épargne, la cessation du contrat de travail est l’un des cas de déblocage les plus fréquents : plus de 411 000 demandes en 2024. Cela peut représenter plusieurs mois de salaire, selon l’ancienneté. L’enjeu est loin d’être anodin !

Pour le PEE, la rupture du contrat de travail - démission, licenciement, rupture conventionnelle ou départ à la retraite - permet de récupérer l’intégralité de l’épargne sans attendre le délai habituel de cinq ans. L’avantage fiscal est préservé, sans impôt sur le revenu. Mais gare aux prélèvements sociaux, appliqués uniquement sur les plus-values, dont le taux vient de passer de 17,2% à 18,6%, l’épargne salariale n’échappant pas à la hausse de la CSG votée dans le budget 2026 de la Sécurité sociale.

Récupérer son épargne : une option à étudier

Clôturer le PEE peut être pertinent si vous avez besoin de liquidités ou si souhaitez réinvestir dans d'autres enveloppes fiscalement attractives, comme l’assurance vie ou le PEA. Les frais de déblocage varient selon les établissements : certains le proposent gratuitement en ligne, d’autres facturent entre 15 et 30 euros, voire plus pour une demande par courrier.

Mais rien ne vous oblige à clôturer votre PEE après votre départ. Tant que l’épargne reste investie, vous ne payez ni impôt ni prélèvements sociaux. Elle continue d’évoluer sur les marchés financiers et vous pouvez toujours arbitrer entre les supports. En revanche, les frais de tenue de compte (35 à 40 euros par an) sont désormais à votre charge. Certains contrats les prennent en charge pour les retraités, mais cela reste rare. Tout compte fait, conserver son PEE présente peu d’intérêt, sauf si vous êtes satisfait des performances des fonds et que vous ne disposez pas d’autres enveloppes plus attractives.

Dernière possibilité : transférer votre épargne si votre nouvel employeur propose aussi un PEE. L’opération est neutre fiscalement, sans perte d’antériorité, mais rarement gratuite : comptez 40 à 50 euros, sauf si le nouvel établissement est le même que le précédent. La démarche peut en outre prendre plusieurs semaines, les supports disponibles n’étant pas identiques d’un plan à l’autre.

Perco et PER collectif : un traitement à part

La logique diffère pour le Perco ou le PER collectif. Ces dispositifs d’épargne retraite supplémentaire ne peuvent pas être liquidés lors d’un départ de l’entreprise. Vous pouvez uniquement les conserver ou les transférer. En cas de conservation, les frais de tenue de compte sont plafonnés à 20 euros par an, c’est la loi (article L.3334-3-3 du Code du travail). Le transfert, lui, n’est possible que si la nouvelle entreprise propose un PER collectif. À défaut, vous pouvez transférer votre PER collectif en un PER individuel acceptant le compartiment 3 de l’épargne retraite.

Au final, tout dépend de votre profil. Une chose est sûre : laisser ses plans s’accumuler au fil des changements d’employeur est rarement une bonne idée. Les oublis sont fréquents, au point que l’épargne salariale représente une part significative des fonds non réclamés transférés à la Caisse des dépôts.

Notre service - Comparez les performances des plans d’épargne retraite (PER) grâce à notre simulateur