L'épargne des Français est-elle bien assignée ? Se dirige-t-elle vers les placements les plus rémunérateurs ? C'est la question à laquelle permettent de répondre les données de France Assureurs et de la Banque de France, présentées à l'occasion d'une conférence de presse, mercredi 26 mars. En regardant le flux net d'épargne des ménages - c'est-à-dire les versements moins les retraits -, on peut en effet voir quels placements ont attiré le plus de capitaux l’an passé.

En 2024, c'est l'assurance vie qui s'est détachée, avec la collecte nette la plus massive : 29,4 milliards d'euros. Viennent ensuite les comptes à terme, avec une collecte nette de 25,5 milliards d'euros, puis les Livrets A et Livrets de développement durable et solidaire (LDDS), qui ont amassé 22 milliards d'euros. Comme le note France Assureurs, l'assurance vie a notamment profité «de collectes nettes divisées par deux en un an pour les livrets réglementés», la moisson des Livrets A et LDDS étant en effet de 48,4 milliards d'euros en 2023. Pire, la collecte nette du Livret d'épargne populaire (LEP) a, elle, été divisée par trois : 20,6 milliards d'euros en 2023, contre 6,9 milliards en 2024.

Les flux d'épargne se sont redirigés massivement vers l'assurance vie

Mais parier sur l'assurance vie est-il un choix judicieux du point de vue du rendement ? A première vue non, car sur la partie sécurisée de l'assurance vie - les fonds en euros, sur lesquels votre capital est garanti, comme sur votre Livret A -, la performance moyenne a été de 2,1% en 2024 (après prélèvements sociaux), toujours selon France Assureurs. Soit bien moins que les Livrets A et LDDS, dont le taux net était gelé à 3% tout au long de l'année dernière. Et l’écart est encore plus flagrant avec le LEP, dont le rendement a été de 4,7% en moyenne la même année.

Toutefois, ce n'est pas aux supports à capital garanti que l'assurance vie doit son abondante collecte de 2024. Dans le détail, les fonds euros affichent en effet une décollecte nette de 5 milliards d’euros, ce qui signifie que les prestations (retraits volontaires ou suite au décès du souscripteur) ont excédé les versements de 5 milliards d'euros. A l'inverse, ces dépôts ont été supérieurs de 34,4 milliards d'euros aux prestations sur les unités de compte (UC), les supports sur lesquels les épargnants prennent le risque de perdre tout ou partie de leur capital. Or, sur les UC, le rendement moyen a été de 3,4% net de prélèvements sociaux en 2024, selon France Assureurs, soit mieux que les Livrets A et LDDS.

Signe de la sagacité des épargnants, trois autres placements peu rémunérateurs ont également été désertés en 2024 : les dépôts (-14,8 milliards de collecte nette), c'est-à-dire les comptes bancaires sur lesquels le capital n'est pas rémunéré ; les livrets bancaires (-17,1 milliards d'euros), comme les super livrets, qui rémunéraient, brut de fiscalité, moins que le Livret A l'année dernière, et enfin les plans épargne logement (PEL) et comptes épargne logement (CEL) qui n'offraient respectivement que 1,6% et 1,4% net aux nouveaux souscripteurs en 2024.

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