En France, les liens du sang sont sacrés. Les enfants jouissent donc d’un traitement de faveur de la part du fisc : un abattement de 100 000 euros sur les biens légués par chacun des parents et, du vivant de ceux-ci, jusqu’à 263 730 euros de donations, tous les 15 ans, sans aucune taxe. Quant aux enfants du partenaire (conjoint, pacsé ou concubin), ils n’ont droit à rien puisque ce ne sont pas des héritiers du défunt. Des dispositifs tels que la donation-partage «conjonctive» et l’assurance vie permettent néanmoins à un chef de famille de n’oublier personne, tout en réduisant au maximum les droits à payer.

La donation simple offre un abattement fiscal

Le montant de l’abattement fiscal octroyé est renouvelable tous les 15 ans. Rien n’empêche un parent de consentir de son vivant un don à son enfant. Mais pour que l’opération soit exonérée de taxes, il faut que le montant du don ne dépasse pas 100 000 euros. Chaque enfant peut ainsi recevoir 100 000 euros de la part d’un parent et 100  000 euros de la part de l’autre parent, le tout sans payer d’impôts. L’opération étant renouvelable tous les 15 ans. Cela dit, plusieurs types de donations simples coexistent. Il y a la ­donation «en avance de part successorale», attribuée pour aider ponctuellement un enfant mais suffisamment importante (achat d’un studio par exemple) pour que, par souci d’équité vis-à-vis des autres héritiers, elle vienne en déduction de sa future part d’héritage.

Il y a aussi la donation «hors part successorale», laquelle, à l’inverse, est consentie à l’enfant en plus de sa part de succession. Elle n’est donc autorisée que si son montant ne dépasse pas la «quotité disponible» du donateur, autrement dit la partie de son patrimoine dont il peut disposer librement. La seule difficulté, surtout si la donation concerne un bien et pas une somme d’argent, c’est d’en estimer la valeur, car, entre le jour où la donation a eu lieu et celui où la succession est ouverte, des appréciations ou des dépréciations de valeur peuvent apparaître.

Dernier type de donation existant, le «présent d’usage». Il n’a aucune incidence fiscale ni successorale. Pas d’impôts à payer, pas d’équité à respecter entre les descendants directs, sous deux conditions cependant : le don doit être lié à un événement exceptionnel (anniversaire, mariage, réussite à un examen…) et ne pas être disproportionné par rapport au niveau de vie du donateur, c’est-à-dire, selon la jurisprudence, ne pas dépasser chaque année 2% de la valeur totale de son patrimoine.

Le don familial d’argent est possible avant les 80 ans du donateur

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