Un budget qui se fait attendre. Et de nombreuses conséquences en découlent. Cela n’a échappé à personne : le projet de loi de finances pour l’année 2026 n’a toujours pas été définitivement adopté par le Parlement. La cause ? Des désaccords persistent entre les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Alors que le budget reste en suspens, plusieurs dispositifs ont pris fin ou n’ont pas été revalorisés au passage de la nouvelle année. Barème de l’impôt sur le revenu, contribution différentielle sur les hauts revenus, aide MaPrimeRénov’, crédit d’impôt… Ces dispositifs touchent le quotidien de nombreux particuliers, en attendant les délibérations finales sur les politiques budgétaires relatives à l’année 2026. Qui gagnent au change, ou perdent davantage ? Capital fait le point pour vous.

Non-revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu

Mauvaise nouvelle pour de nombreux contribuables. Le barème de l’impôt sur le revenu (IR) n’a pas été revalorisé au 1er janvier 2026. Or, cet impôt est souvent indexé à l’inflation en début d’année, afin que les salaires suivent l’évolution des prix. Ainsi, 200 000 foyers supplémentaires risquent d’être imposables cette année si la situation ne change pas.

Cette revalorisation de l’impôt sur le revenu fait débat depuis le début de l’examen du projet de loi de finances. Alors que le gouvernement souhaitait initialement geler totalement le barème de l’IR, l’Assemblée nationale a rejeté cette mesure. Le Sénat préfère, lui, limiter cette revalorisation à la première tranche, ce qui éviterait aux foyers les plus modestes de devenir imposables. Quant à la loi spéciale votée le 23 décembre dernier, aucune mention de cette revalorisation de l’IR n’y figure. Même si un amendement avait bien été adopté en commission des finances à l’Assemblée nationale en vue d’indexer le barème de l’IR sur l’inflation, celui-ci a été déclaré irrecevable et n’a pas pu être intégré au texte final.

Toutefois, les éventuels futurs contribuables n’ont pas à s'inquiéter, le budget 2026 étant bientôt re-discuté au Parlement en début janvier. Si les parlementaires se mettent d’accord sur cette revalorisation de l’impôt sur le revenu, notamment pour la première tranche du barème, alors ces foyers pourraient être de nouveau non-imposables.

Fin de la contribution différentielle sur les hauts revenus

Un poids financier en moins pour les personnes percevant des hauts revenus. En l’absence de budget pour l’année 2026, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) a pris fin le 31 décembre dernier.

Mis en place par la loi de finances 2025, ce dispositif fixe une imposition minimale de 20% sur les plus hauts revenus. Conséquence ? Si un foyer concerné par cette mesure possédait un taux moyen d’imposition inférieur à ce seuil, alors ce taux était relevé pour atteindre le niveau minimum d’imposition fixé, d’après le site du ministère de l’Economie.

Concrètement, cette contribution était appliquée lorsque le revenu fiscal de référence du foyer excède :

  • 250 000 euros pour un célibataire ;
  • 500 000 euros pour un couple.

Un acompte représentant 95% du montant de la contribution a dû être versé entre le 1er et le 15 décembre 2025 par les foyers concernés.

Pour être reconduit en 2026, ce dispositif devra être présent dans la version finale du budget de cette année.

Suspension du guichet de l’aide MaPrimeRénov’

La rénovation énergétique en panne en ce début d’année ? Le guichet de MaPrimeRénov’ est suspendu depuis le 1er janvier 2026. Il n’est donc plus possible de déposer un dossier pour bénéficier de ce soutien financier. Cette aide de l’Etat est utilisée par les propriétaires souhaitant réaliser des travaux en vue d’améliorer la performance énergétique de leur logement. Selon le site de Bercy, ce dispositif vise les résidences principales, qu’elles soient occupées par le locataire ou le propriétaire lui-même.

Toutefois, cette suspension, temporaire, est liée à l’adoption du budget pour l’année 2026. «Je l'avais dit : pas de budget, pas de guichet», avait affirmé le ministre du Logement Vincent Jeanbrun sur France 3 le 21 décembre dernier. «Sans budget, on ne pourra pas décaisser l'argent», a-t-il poursuivi. Déjà suspendue en 2025, cette aide étatique était redevenue accessible le 30 septembre dernier, mais uniquement pour les logements les plus énergivores.

Fin du crédit d’impôt pour l’installation de bornes de recharge de véhicule électrique

Faute de budget pour l’année 2026, le crédit d’impôt relatif à l’installation de bornes de charge pour véhicule électrique a pris fin le 31 décembre dernier. Avant cette date, ceux qui voulaient procéder à ces travaux au sein de leur résidence principale ou secondaire pouvaient obtenir cette aide fiscale, qu'ils soient propriétaires, locataires, ou occupants à titre gratuit, selon Bercy. Ce crédit d’impôt correspondait à 75% du montant des dépenses engagées à ces fins, dans une limite de 500 euros par système de charge pilotable.

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