
On efface tout et on recommence ? Nos confrères de La Lettre ont repéré un article ajouté au projet de loi de finances (PLF) dans le plus grand des secrets. Ce dernier dispose que «le ministre chargé de l'Économie est autorisé à abandonner tout ou partie des créances détenues sur la société Air France-KLM ou sur la société Air France, au titre des titres super subordonnés souscrits par l’État en 2023 et imputés sur le compte d’affectation spéciale Participations financières de l’État à hauteur de 727,8 millions d’euros en capital».
Autrement dit, il appartiendrait au locataire de Bercy de décider s’il souhaite de remettre à zéro la dette Covid de la compagnie aérienne française. Alors que la cirse sanitaire a mis à l’arrêt l’économie, Air France-KLM a eu recours à des mesures de recapitalisation, un prêt d’actionnaire de l’État et une garantie de l’État sur des prêts privés, liste BFM Business.
Un sénateur habitué du secteur de l’aviation derrière l’amendement
Interrogé par nos confrères, un porte-parole d’Air France-KLM explique : «L’amendement déposé à l’initiative du gouvernement dans le cadre du projet de loi de finances 2026 donnerait à l’État la possibilité de verser une partie de la compensation approuvée par la Commission européenne en 2023.» Pour autant, il assure qu’«Air France-KLM n’anticipe aucun impact sur sa trajectoire financière si cette option venait à être exercée par l’Etat français».
Derrière cette disposition, un homme qui porte la voix d’Air France au Parlement. Vincent Capo-Canellas (UDI, groupe Union centriste) est l’ancien maire du Bourget, célèbre ville aéroportuaire s’il fallait encore la présenter. Une décision que goûte peu l’opposition. Les députés La France Insoumise s'opposent à l’amendement et en ont donc déposé un autre pour le supprimer du projet de loi de finances.

















