Le ministre de l'Economie, Eric Lombard, l'a lui-même admis mercredi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement : «Nous constatons que la réforme proposée ne fait pas l'unanimité, ni pour, ni contre». En l'occurrence, celle visant à abaisser le seuil d'exemption de la TVA pour les auto-entrepreneurs, jusqu'alors suspendue jusqu'au 1er juin et finalement repoussée aux prochaines discussions du budget à l'automne. Le temps de mieux la ficeler, raille Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CPME, qui la juge «mal préparée».

Voire «pas préparée du tout», est-on tenté de deviner dans les propos tenus par ce dernier sur RMC le 1er mai : «Cela fait six mois qu'on en parle, qu'elle provoque des mouvements et a mis en émoi des tas de gens... tout ça pour ça» lance Jean-Eudes du Mesnil, qui évoque une mesure «bombardée dans le budget uniquement pour faire des économies et mettre le souk partout». Les auto-entrepreneurs pourront donc continuer à ne pas appliquer de TVA jusqu'à 37 500 euros de chiffre d'affaires (85 000 euros dans le commerce), là où le gouvernement souhaitait les obliger à l'appliquer dès 25 000 euros.

«Une mesure de rendement budgétaire mal ficelée»

Le secrétaire général de la CPME estime que le statut d'auto-entrepreneur peut être remis en question. Après tout, «il existe depuis 13 ans» rappelle-t-il. Mais bâcler une mesure sous prétexte de l'urgence budgétaire est selon lui une grave erreur. Il faut plutôt «qu'on puisse se mettre autour de la table, faire un bilan, regarder s'il y a des choses à aménager, notamment par rapport à certains secteurs comme le bâtiment. Ca oui, ça a du sens. Mais une mesure de rendement budgétaire mal ficelée, non».

La ministre des PME, Véronique Louwagie, recevra les groupes parlementaires mardi pour ouvrir les discussions, avec pour objectif d'aboutir à un consensus à l'automne prochain. Dans l'attente, les centaines de milliers d'auto-entrepreneurs français vont «pouvoir prendre une bouffée d'air pendant cet été» se réjouit Grégoire Leclercq président de la fédération nationale du secteur. Mais pour lui, il ne s'agit que d'une victoire : «on n n'a pas gagné la guerre, on risque de repasser en apnée dès la préparation du budget. Il faut une abrogation, purement et simplement, sans laisser au bord de la route les auto-entrepreneurs du BTP ni du commerce».

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