
L’incompréhension et la colère règnent au sein du réseau d’écoles Cuisine mode d’emploi(s). Fondés en 2012 par le chef étoilé Thierry Marx, ces établissements, implantés dans 9 villes de l’Hexagone, sont aujourd’hui en graves difficultés financières, rapporte France 3 Bourgogne-Franche-Comté ce vendredi 16 mai. Ces écoles, situées dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville et destinées à des demandeurs d’emploi en situation précaire, pâtissent de la baisse des financements de l’Etat avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi de finances 2025.
«Depuis février, on n’a pas de financement, et au fur et à mesure que les crédits s’épuisent, on ferme les écoles», déplore auprès de nos confrères Véronique Carrion, directrice générale du réseau d’écoles de restauration Cuisine mode d’emploi(s). Et en seulement quatre mois, le bilan est lourd : 5 des 9 établissements ont dû fermer temporairement leurs portes. Il s’agit des écoles de Grigny, Clichy-sous-Bois, Champigny, Marcq-en-Baroeul et Dijon.
Une enveloppe réduite de moitié
«La prochaine, c’est Toulouse. Et Besançon», prévient d’ores et déjà Véronique Carrion. Le modèle économique de ces écoles (proposant 11 semaines de formation, incluant 3 semaines en entreprise, et délivrant 3 diplômes reconnus par l’Etat en cuisine, service et boulangerie) reposait à près de deux tiers sur un dispositif de formations collectives financé par l’Etat : la Préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC). Mais depuis mi-février, ce financement a été réduit de moitié.
À la place, «France travail a créé la POEI (Préparation opérationnelle à l'emploi individuelle), qui change fondamentalement les modalités», explique Véronique Carrion à la chaîne de télévision régionale. «Il faut que les candidats que l’on souhaite intégrer soient déjà bénéficiaires d’une promesse d’embauche de la part d’une entreprise», détaille-t-elle. L’association, co-fondée par Thierry Marx et Véronique Carrion, emploie actuellement 30 personnes : responsables de site, assistants, et formateurs, tous salariés en CDI.
Pour l’heure, aucun licenciement n’a eu lieu. Pour la directrice générale, une telle décision reviendrait à «acter la fermeture définitive». «On garde espoir pour l’instant, mais le temps file. Juin, ça va être limite, juillet on ne passe pas, on est dans le rouge», avertit Véronique Carrion. Pour les écoles encore ouvertes, les responsables de site misent désormais sur la recherche de recruteurs pour assurer leur survie.
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