Dans un discours datant de janvier 2024, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir réformer les congés de naissance avec la création d’un congé supplémentaire de six mois pour chaque parent. Finalement, la durée sera d’un à deux mois en plus. Après avoir attendu deux ans entre ce discours et la mise en place de ce congé, ce dernier est jugé «positif» mais «pas satisfaisant» pour l’association Parents et Féministes, et sa représentante Elsa Foucraut, au micro de BFMTV : «Ce dispositif est sous-dimensionné. [...] C'est bien, mais ça reste assez léger, cela permettra à peine à chaque parent de rester trois ou quatre mois auprès de son enfant».

Tous les parents d'un bébé né à partir du 1er janvier 2026 pourront donc bénéficier du congé de naissance, même s'ils devront attendre l'entrée en vigueur technique du dispositif, dans «le courant de l'année», a annoncé le ministère de la Santé le jeudi 18 décembre. Autre précision faite par Stéphanie Rist, et non des moindres, l’indemnisation de ces congés. Le montant doit être fixé par décret. Mais lors des débats parlementaires, l'exécutif a précédemment annoncé qu'il s'élèverait à 70% du salaire net le premier mois et 60% le second. Là encore, cela coince pour les associations féministes.

Un congé qui ne profitera pas aux couples précaires

Le collectif Nous Toutes souligne qu’il existe un risque que ce congé soit presque uniquement pris par des femmes, en raison des inégalités persistantes de salaires entre les femmes et les hommes : «Cela va retomber probablement sur le parent qui a la rémunération la plus faible, statistiquement la mère. Cela revient à garder la mère à la maison», dénonce Emmanuelle Handschuh, militante du collectif.

Autre risque présenté par Emmanuelle Handschuh, est que «chez les couples précaires, ce congé ne soit pas pris parce qu'il engendrerait une baisse de rémunération qui ne serait pas absorbable». Aujourd'hui, le congé parental n'est utilisé que par très peu de pères. Une étude de l'OFCE, le centre de recherche en économie de Sciences Po, publiée en 2021 expliquait qu'en 2015, 0,5% des pères avaient recours au congé à taux plein lors de la première année de leur premier enfant, contre 13,7% des mères.