
Le débat autour de la loi de programmation militaire (LPM) a pris un tournant inattendu au Sénat. Alors que l’examen du texte s’est achevé mercredi 3 juin au soir, les sénateurs ont supprimé un article clé du projet de loi, remettant en cause la trajectoire budgétaire des armées pour les prochaines années. Dans la nuit de mardi à mercredi, la Haute assemblée a en effet retiré l’article fixant la programmation des dépenses militaires jusqu’en 2030.
Ce texte prévoyait une enveloppe de 436 milliards d’euros, soit 36 milliards de plus que la précédente loi de programmation militaire adoptée en 2023, rapporte TF1. Un revers pour l’exécutif, qui comptait sur cette hausse pour renforcer les capacités des armées dans un contexte international tendu. La droite sénatoriale, qui réclamait 14 milliards d’euros supplémentaires pour la Défense, n’a pas obtenu gain de cause lors des débats. Elle a finalement choisi de s’opposer à l’article structurant la trajectoire budgétaire, provoquant sa suppression.
Une négociation encore possible au Parlement
Face à cette situation, l’exécutif tente de désamorcer la crise. Le Premier ministre reconnaît un blocage sérieux, tout en appelant à une issue rapide. «On parle d’un sujet grave qui est le sujet militaire (…) Il faut une trajectoire qui soit soutenable. Le vrai problème au moment où on se parle, c’est qu’il n’y a plus de trajectoire dans le texte», s’est inquiété Sébastien Lecornu. Il ajoute : «Il faut que les parlementaires trouvent une solution mais je laisse les débats se faire. J’ai l’habitude, avec ce qui se passe à l’Assemblée nationale, d’être calme».
Malgré ce vote, la trajectoire budgétaire et la rallonge de 36 milliards d’euros ne sont pas définitivement enterrées. Elles pourraient être réintroduites dans la suite de la procédure parlementaire, notamment lors d’une commission mixte paritaire (CMP), chargée de trouver un compromis entre députés et sénateurs. Cette instance sera convoquée après le vote solennel du Sénat prévu le 9 juin.
Du côté de la majorité sénatoriale de droite, la décision est assumée. Le président LR de la commission de la Défense, Cédric Perrin, a expliqué vouloir «acter un désaccord profond avec le gouvernement». «Nous avons considéré que 436 milliards n’étaient pas suffisants pour assurer la sécurité de la France», a-t-il affirmé, tout en précisant vouloir «aller au bout de la négociation» au Parlement sur ce texte stratégique pour les armées françaises.











