
Avec le retour des beaux jours, nombreux sont ceux à prendre place à l’heure de l’apéritif ou à la sortie du bureau, sur les terrasses des restaurants accompagné d’une boisson. Si la bière remporte la plupart des suffrages en raison de son prix peu élevé, le vin, lui, est souvent délaissé par les consommateurs et notamment les plus jeunes. Afin de pallier ce phénomène et mettre en avant la vente de vin au verre, la mairie de Bordeaux a décidé de lancer un partenariat avec une cinquantaine d’établissements de la ville. «Bordeaux passe au verre» annonce d’ailleurs fièrement la campagne d’affichage dans la ville.
Depuis ce jeudi 10 avril, les établissements partenaires doivent ainsi présenter sur leur carte au moins trois verres de Bordeaux, dont un bio et un dont le prix n’excède pas les cinq euros, rapporte BFMTV. Une opération unanimement saluée par les professionnels de la filière qui connaît une grave crise. En dix ans, les ventes de Bordeaux rouge ont en effet enregistré une baisse de 45 % «Aujourd’hui, les trentenaires ont une autre façon de prendre l’apéritif. Ils n’ont notamment plus toujours envie de prendre une bouteille, alors que boire un vin au verre est plus raisonnable», explique Laurent Tournier, le président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) en Gironde.
Les addictologues tirent la sonnette d’alarme
«Bordeaux est connu dans le monde entier pour ses très grands vins. Mais en France, le consommateur ne perçoit pas toujours la diversité de la proposition», a de son côté fait savoir Allan Sichel, le président du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) qui souhaite aujourd’hui que le Bordeaux ne soit plus vu comme un vignoble «très élitiste». «L’enjeu, c’est aussi l’expérience que le restaurateur va proposer à son client, qui va lui permettre de découvrir de nouveaux produits», tient-il à préciser.
Alors que le maire de Bordeaux Pierre Hurmic a tenu à souligner que le vignoble bordelais, un «joyau» comme il le décrit lui-même, n’est pas assez mis en valeur, l’opération aussi unique et originale soit-elle a suscité une inquiétude de la part des addictologues. Si aujourd’hui il existe bel et bien une désaffection pour le vin chez les jeunes générations, pour Bertrand Basset, le président d’Addictions France, les «gens réalisent de mieux en mieux le risque que fait courir l’alcool à leur santé». Or par le biais de cette initiative, «la mairie de Bordeaux va à l’encontre du sens de l’histoire» estime-t-il.

















