
A l'automne dernier, les partenaires sociaux s'étaient quittés sur un constat d’échec, rappelle un récent article des Echos. Les discussions sur la revalorisation des pensions Agirc-Arrco, concernant près de 14 millions de retraités du privé, n'avaient en effet pas abouti. Les syndicats espéraient une hausse comprise entre 0,2% et 1% dès le 1er janvier 2026, quand le patronat ne proposait que le minimum. Faute d'accord, la règle s'est appliquée automatiquement : les pensions ont été gelées pour 2026. Pas de quoi apaiser les tensions entre organisations syndicales et patronales...
Mercredi 28 janvier, les numéros un syndicaux et patronaux se sont retrouvés au Medef pour fixer un agenda de négociations plus large, portant notamment sur le modèle productif, l'emploi des jeunes ou encore l'assurance-chômage. Mais très vite, les retraites complémentaires se sont imposées dans les débats. «La tonalité a été franche, constructive», a assuré Patrick Martin, président du Medef, au sortir de cette réunion, tandis que François Hommeril, pour la CFE-CGC, a évoqué une rencontre nécessaire pour «bien s'expliquer». Les syndicats ont clairement conditionné la poursuite des discussions à la réouverture du dossier Agirc-Arrco.
Un nouveau rendez-vous prévu mi-mars
Le patronat a finalement accepté de rouvrir le sujet. «On va se concerter mais je suis prêt à bouger» sur l'Agirc-Arrco, a déclaré Michel Picon, président de l'U2P. «A court terme, on doit régler nos différends sur les retraites complémentaires et tout le monde doit s'engager dans la négociation sur l'assurance-chômage», a ajouté Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. Sophie Binet s'est aussi exprimée au nom de la CGT : «Il faut aboutir sur l'assurance-chômage dont les discussions sont encalminées et les retraites complémentaires pour pouvoir engager d'autres discussions». Patrick Martin a évoqué la nécessité de «reprendre la discussion en temps et en heure dans un esprit plus ouvert», reconnaissant un contexte de négociation auparavant «tendu». De son côté, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, s'est dit «assez optimiste sur le fait que la revalorisation ne reste pas à zéro».
Un nouveau rendez-vous est prévu mi-mars 2026, après la fin des négociations sur l'assurance-chômage, qui fera office de «test» entre partenaires sociaux, selon les mots d'Amir Reza-Tofighi, président de la CPME. Pour rappel, chaque année, la revalorisation de l'Agirc-Arrco doit tenir compte de l'inflation, de la conjoncture économique et des réserves du régime. A défaut d'accord, aucune hausse n'est appliquée. La valeur du point Agirc-Arrco est fixée à 1,4386 euros au 1er janvier 2026, après des revalorisations de 1,6% en 2024, 4,9% en 2023 et 5,12% en 2022.
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