On appelle ça une avoinée, une volée de bois vert, une remontée de bretelles, une explication de gravure, un savon, un enguirlandage… Bref, ce matin, je me suis fait engueuler par mon patron.

«C’était n’importe quoi ce rendez-vous clientèle ! Tu as mal préparé ta propal ! Et tu me l’as envoyée au dernier moment ! Nul.»

Se faire souffler dans les bronches est devenu rare dans les bureaux. On n’engueule plus. On est évalué, on a des entretiens, on a droit à des périphrases : «Il faudrait que tu améliores ce point. Tu veux qu’on te coache ?» Dans une entreprise dominée par la novlangue et les process, un univers aseptisé où la moindre remarque peut vous emmener au tribunal, le salarié n’est pas là pour se faire engueuler. Et son boss est prié de se laver la langue au gel hydroalcoolique avant de risquer des poursuites pour harcèlement.

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