La compagnie aérienne espagnole à bas coût Volotea est dans la tourmente. Elle est accusée d’avoir prélevé directement, et sans autorisation préalable, des sommes sur les cartes bancaires de certains clients pour compenser la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TBSA), entrée en vigueur après l’achat des billets.

Selon plusieurs témoignages relayés par L’Écho Touristique, ces prélèvements ont été effectués sans information ni consentement explicite. Guillaume Beurdeley, secrétaire général adjoint du syndicat des Entreprises du Voyage, dénonce une pratique inquiétante : «Des signalements concordants font état d’une majoration tarifaire appliquée a posteriori sur des billets déjà émis. Plus grave encore, Volotea a procédé à des prélèvements sans accord des passagers, parfois même assortis de frais de dossier

La DGCCRF saisie

Face à cette situation, le syndicat a saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et adressé un courrier officiel à Volotea pour exiger l’arrêt immédiat de cette méthode de recouvrement.

Contactée par BFM Business, la compagnie reconnaît avoir procédé à des ajustements tarifaires, qu’elle estime légitimes : «Ces taxes peuvent évoluer entre la réservation et le vol. Dans ce cas, les passagers ont l’obligation d’acquitter toute augmentation», affirme-t-elle. Elle précise que les prélèvements n’ont été effectués qu’«en l’absence de paiement spontané après un délai raisonnable et une notification par e-mail, conformément aux conditions générales de vente».

Une mesure mal anticipée

Volotea reconnaît toutefois une situation «inédite», causée selon elle par une décision gouvernementale prise «sans concertation», alors que «des milliers de billets avaient déjà été réservés avant l’entrée en vigueur de cette hausse». Elle assure avoir prévenu les passagers concernés et dit «regretter les désagréments causés».

La nouvelle grille tarifaire de la TBSA, votée par le Parlement, prévoit une augmentation significative : 7,40 euros pour un vol intra-européen, 15 euros pour une destination intermédiaire et jusqu’à 40 euros pour les vols long-courriers en classe économique. Cette mesure pourrait rapporter jusqu’à 850 millions d’euros par an à l’État, contre 460 millions actuellement.