3 096 744 euros de préjudice. C’est le montant exact détecté et sanctionné en 2024 par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du département d’Eure-et-Loir, rapporte Le Parisien. Un résultat en hausse de 62% par rapport à l’année précédente, obtenu grâce à un ciblage plus performant et à de nouvelles actions de contrôle. Pour lutter contre la fraude, la CPAM a mis en place une nouvelle stratégie de contrôle, axée sur la prévention.

«Cela s’est notamment traduit par de nombreux contrôles ciblés et par l’annulation de demandes de remboursements non justifiées», explique à nos confrères la CPAM 28. «Deux profils se dégagent parmi les fraudeurs : les assurés sociaux, plutôt nombreux, mais dont les montants de la fraude sont plutôt faibles. Et les professionnels de santé, plus rares, mais qui trichent pour des montants considérables», précise Aurélie Le Sueur, la directrice. L’an dernier, plus d’une centaine de sociétés d’audioprothèses suspectées de pratiques frauduleuses et présentant de nombreuses anomalies de facturation ont ainsi fait l’objet de contrôles.

Les sociétés d’audioprothèses dans le collimateur

A elles seules, ces structures représentent 42% du préjudice total enregistré 2024. «757 000 euros de facturations abusives ont été sanctionnés ce qui a permis d’éviter le paiement de prestations non dues à hauteur de 1 382 000 euros», précise la CPAM. Bien que représentant seulement 39% des dossiers de fraude, les professionnels de santé sont à l’origine de 61% des préjudices subis et de 86% des préjudices évités, selon la caisse.

Les contrevenants recourent à diverses stratégies de fraude : usurpation d’identité, falsification de documents pour les assurés, ou encore surfacturation de prestations pour les professionnels. Dans 67% des cas, une plainte est déposée par l’organisme. Pour les autres, des sanctions alternatives sont appliquées : avertissement dans 12% des cas, ou pénalités financières dans 17%.