En mars dernier, la commission des Finances du Sénat lançait une mission d’information sur la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales pour faire le point sur l’ensemble des dispositifs mis en place ces dernières années dans ce domaine, détecter les failles encore existantes et faire des propositions pour les résorber. Elle a rendu ses conclusions fin octobre. Pour les commenter, Capital a sollicité le sénateur (LR) de Meurthe-et-Moselle, Jean-François Husson, rapporteur de la mission.

Vous avez enquêté plusieurs mois sur la traque à la fraude fiscale en France. Avez-vous pu obtenir des informations sur les niveaux des recettes qui ne rentrent pas dans les caisses de l’Etat?

Jean-François Husson : Malheureusement, non. Personne ne le sait à Bercy. On en est réduit à des estimations hasardeuses. L’évaluation de l’ampleur de la fraude fiscale serait pourtant tout à fait indispensable pour bien estimer l’efficacité de la lutte. Rappelons que, l’an dernier, le contrôle fiscal a permis de récupérer dans son ensemble 10,7 milliards d’euros. Quand il était ministre des Comptes publics dans le gouvernement d'Edouard Philippe, Gérald Darmanin voulait lancer un observatoire sur la question. Mais ce dernier n’a jamais vu le jour.

Par définition, la fraude est cachée. La mesurer s’avère délicat.

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