Un grand nom de la mode s’en est allé. Le créateur, designer et styliste italien Giorgio Armani s’est éteint à 91 ans, ce jeudi 4 septembre, laissant derrière lui un empire taillé à son image. Depuis son premier costume masculin épuré des années 1970 jusqu’à son règne incontesté sur les tapis rouges, il a incarné une élégance sobre, fluide et intemporelle. Né en 1934, dans une Italie marquée par le fascisme, le jeune Giorgio trouve refuge dans les salles obscures et l’étude de l’anatomie, avant d'abandonner la médecine pour la mode, retrace Le Monde.

En 1961, il rejoint Nino Cerruti, puis fonde en 1974 sa propre maison avec Sergio Galeotti. Son style révolutionne le costume : lignes épurées, suppression des doublures, sobriété des coupes. La consécration arrive en 1980 avec American Gigolo, film où Richard Gere, vêtu de costumes Armani, devient l’icône de l’homme urbain, libre et ambitieux. Dans les années 1980, ses créations deviennent le symbole du pouvoir et du succès, prisées par les cadres financiers comme par les femmes d’affaires.

Un empire tentaculaire à son nom

Giorgio Armani entre alors dans l’univers des stars, habillant Diane Keaton aux Oscars, et devient une figure incontournable des tapis rouges. A la tête d’une entreprise qu’il contrôlait seul, Giorgio Armani avait bâti un empire tentaculaire (parfums, hôtels, design d’intérieur), dont le chiffre d’affaires atteignait 4,15 milliards d’euros en 2019. En 2014, il avait régularisé ses comptes avec le fisc italien, souligne Le Monde.

Dirigeant rigoureux, il inaugure son propre musée en 2015, et se distingue par sa clairvoyance en 2020 en organisant un défilé à huis clos au début de la pandémie de Covid-19, tout en réorientant ses usines pour produire masques et blouses. Homme de convictions, il dénonçait le rythme effréné de l’industrie de la mode et prônait un retour à l’essentiel : produire moins, mais mieux.

Fidèle à cette vision, il crée en 2016 une fondation chargée de préserver l’indépendance de sa maison. Avec lui disparaît l’un des derniers grands bâtisseurs de la mode moderne. Mais son héritage, à la fois discret et monumental, continue de façonner l’élégance à l’italienne, loin des tendances éphémères.