
France Télévisions au pied du mur. Le groupe audiovisuel public est dans «une situation financière critique qui impose sans délai des réformes structurelles jusqu'ici ajournées», alerte la Cour des comptes dans un rapport publié ce mardi 23 septembre, relayé par BFMTV. Dix ans après son dernier contrôle, l’institution constate que «la dynamique des charges de personnel et de fonctionnement ainsi que le poids des investissements nécessaires notamment dans le numérique rendent aujourd'hui inéluctables» des changements dans le groupe présidé par Delphine Ernotte Cunci. Sans désigner de responsable direct, la Cour appelle l’Etat à fixer «une trajectoire financière réaliste», après des «orientations contradictoires» en 2023 et 2024.
L'institution présidée par Pierre Moscovici préconise également que le grand accord social s'appliquant à l'entreprise soit renégocié «dans les meilleurs délais»- ce qui est prévu. France Télévisions comprend les chaînes France 2, France 3 et ses 24 antennes régionales, France 4, France 5, franceinfo et le réseau Outre-mer La Première. La Cour des comptes se félicite par ailleurs de la «place de premier plan» de France Télévisions «dans les audiences tant linéaires que numériques».
Vers plus de synergies entre France 3 et le réseau Ici
La Cour des comptes recommande également de renforcer les synergies entre France 3 et le réseau Ici - ex-France Bleu - sans attendre la concrétisation du projet de holding commune réunissant les entreprises de l’audiovisuel public, porté par la ministre de la Culture démissionnaire Rachida Dati. Dans un courrier adressé à la Cour et consulté par l’AFP, Delphine Ernotte Cunci indique en retour que «France Télévisions souscrit à l'ensemble des recommandations formulées» et «travaille déjà à leur mise en œuvre».
Malgré une dotation publique annuelle de quelque 2,5 milliards d’euros et un effectif avoisinant les 9 000 salariés (équivalents temps plein), le groupe prévoit un déficit de 40 millions d’euros en 2025. Ce déséquilibre budgétaire «confirme l'impasse dans laquelle se trouve aujourd'hui la première entreprise de l'audiovisuel public», malgré des réformes depuis une décennie ayant «permis de dégager des marges de manœuvre significatives», insistent les Sages de la rue Cambon.

















