
Appel à la grève illimitée ! À partir de ce jeudi 15 mai, quatre syndicats Lidl (CGT, FO, CFDT et CFTC) appellent à une mobilisation de quatre jours par semaine et ce sans date de fin ! La raison de ce mouvement, auquel ni la CGC, ni l’UNSA n’ont voulu se joindre ? Un ras-le-bol concernant les conditions de travail, doublé d’un sentiment de malaise profond chez les salariés. «La direction : c’est marche ou crève. Les employés sont à bout. Nous ne voulons pas devenir le nouveau France Télécom (une vague de suicides chez les salariés du groupe entre 2008 et 2009, ndlr)», nous confie Thierry Chantrenne, délégué syndical central CGT chez Lidl.
En ligne de mire : les 2 500 à 4 000 départs non remplacés chez Lidl France -pour un total de 46 000 salariés-, avancent les syndicats. «Les objectifs, inatteignables, sont de plus en plus élevés avec des effectifs réduits», indique le délégué syndical. Selon lui, cette politique nuit à la qualité du distributeur. «On n’a plus le temps de s’occuper des clients dans les magasins. Nous sommes redevenus un discounter des années 90», ajoute-t-il. Interrogée sur les effectifs, la direction de Lidl nous a répondu que «le nombre de salariés en équivalent temps plein en supermarchés comme en plateformes est resté stable sur les quatre dernières années».
Une précédente mobilisation en février
Autre point de crispation : la généralisation des ouvertures de magasins le dimanche matin à partir du 1er juin. C’est déjà la réalité depuis 5-6 ans pour près de la moitié des 1 600 points de vente du réseau hexagonal, mais transformer cette exception en règle ne passe pas. Les syndicats dénoncent un volontariat non respecté. Selon eux, les nouveaux contrats incluent d’office l'éventualité de travailler le dimanche. Contacté par Capital, la direction de Lidl nous a répondu que «le contexte concurrentiel nécessite d’étendre l'ouverture le dimanche qui est une pratique déjà mise en œuvre dans la majorité de nos supermarchés et la plupart des commerces alimentaires en France. Nous avons mené des discussions avec les représentants des organisations syndicales. Afin de s’assurer de la meilleure organisation dans les supermarchés, un suivi sera fait mensuellement dans l’ensemble des CSEE (comité social et économique d'établissement, ndlr) des Directions Régionales».
Chez Lidl, une précédente mobilisation avait eu lieu début février et avait duré quatre jours, sans réelles avancées. «Nous voulons que cette nouvelle mobilisation dure dans le temps. Tant qu’il n’y a pas de dialogue social avec la direction, nous ne baisserons pas les bras», assure Thierry Chantrenne. À ce jour, il n’est pas possible de savoir si la grève sera suivie mais si les salariés des 1 600 magasins, des 25 entrepôts et des deux sièges de Lidl France battent le pavé, la direction sera peut-être contrainte d'ouvrir le dialogue. Selon la direction de Lidl, ce jeudi 15 mai, «l'appel a la grève est peu suivi et nos supermarchés demeurent ouverts».
Le discounter allemand connaît un début d'année chahuté, entre contexte social tendu et l'annonce fin janvier du départ surprise de sa principale figure médiatique en France, son vice-président Michel Biero. En mars 2025, la part de marché de Lidl en France a atteint 8,1%, derrière Leclerc, Carrefour, Les Mousquetaires et U.















