
Les Bourses mondiales ont découvert ce jeudi 30 octobre une nouvelle salve de résultats d'entreprises et la rencontre entre les dirigeants américains et chinois, sur fond de décisions de politiques monétaires, avec un tournant moins accommodant aux Etats-Unis. En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris (CAC 40) perdait 0,13%, Londres 0,41% et Milan 0,32%, quand Francfort gagnait 0,19%. A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé à l'équilibre (+0,03%). En Chine, la Bourse de Hong Kong perdait 0,24%. L'indice composite de Shanghai a terminé en baisse de 0,73% et Shenzhen de 1,16%.
«Les acteurs du marché doivent aujourd'hui faire face à de nombreux facteurs influençant les échanges. D'une part, la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) et les résultats trimestriels d'Alphabet, Meta et Microsoft, qui ont eu des effets atténués sur les marchés, et d'autre part, la rencontre entre les chefs d'Etat américain et chinois en Corée du Sud», résume Andreas Lipkow, analyste indépendant.
La question des puces Nvidia en suspens
Les dirigeants Donald Trump et Xi Jinping se sont entendus ce jeudi pour apaiser leur conflit commercial qui a ébranlé l'économie mondiale, lors d'une rencontre en Corée du Sud qualifiée par le président américain de «grand succès». Le chef d'Etat américain a annoncé un accord sur les terres rares, le soja et certains droits de douane liés au Fentanyl après ses entretiens avec son homologue chinois dans la ville portuaire de Busan (sud-est).
«Un petit accroc cependant : la rencontre Trump-Xi, aussi ‘incroyable’ fût-elle, n'a pas abordé la question des exportations de puces Blackwell vers la Chine, ce qui a déçu certains observateurs», remarque Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. Une potentielle autorisation future de la vente de l'architecture de processeurs phare («Blackwell») de Nvidia sur le marché chinois a permis, entre autres, au mastodonte de devenir mercredi la première entreprise au monde à franchiser le cap symbolique des 5 000 milliards de dollars de valorisation boursière.
La Bourse surveille de près la décision de la BCE sur ses taux
Les puces Nvidia ne sont actuellement plus vendues en Chine en raison d'une combinaison d'interdictions du gouvernement chinois, de préoccupations de sécurité nationale et des tensions commerciales persistantes entre les Washington et Pékin. La directrice financière de Nvidia avait affirmé mardi que l'entreprise continuait à «plaider auprès du gouvernement américain pour l'approbation de l'exportation en Chine de Blackwell». Sont attendus ce jeudi les résultats trimestriels d’Apple et Amazon. Après la banque centrale américaine et la Banque du Japon, les investisseurs prêteront attention à la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait maintenir ses taux inchangés ce jeudi.
Les investisseurs creusent par ailleurs un virage moins accommodant de la banque centrale américaine. La Fed a certes sans surprise réduit mercredi ses taux d'intérêt pour la deuxième fois d'affiliée, une décision qui n'a pas fait l'unanimité en son sein. Son président Jerome Powell a cependant «refroidi l'ambiance, provoquée qu'une nouvelle baisse du taux directeur lors de la réunion de décembre n'est pas acquise, alors que les marchés anticipaient (très largement) une nouvelle réduction», explique Ipek Ozkardeskaya.
Le yen sous pression
Sur le marché des changements, «le dollar américain (s'est apprécié) en raison du réajustement plus ‘faucon’ (plus favorable à une politique monétaire restrictive, NDLR) des anticipations de la Fed», avant de glisser à nouveau, note-t-elle. Vers 8H40, le dollar glissait de 0,12% face à la monnaie unique, à 1,1615 dollar pour un euro. Côté marchés obligatoires, le taux d'intérêt de l'emprunt américain à échéance 10 ans évoluait à 4,06%, contre 4,08% mercredi en clôture. A deux ans, l'échéance la plus sensible aux évolutions de la politique monétaire, il s'établissait à 3,58% contre 3,60%.
La Banque du Japon (BoJ) a laissé ce jeudi ses taux inchangés et pointé les «fortes incertitudes» sur la conjoncture mondiale en raison des tensions douanières, limitant les perspectives d'une nouvelle hausse des taux en décembre comme l'espéraient nombre d'investisseurs, et à l'heure où la nouvelle Première ministre nippone Sanae Takaichi esquisse tout juste sa politique économique. L'institution a maintenu à 0,5% son taux directeur, qu'elle avait relevé pour la dernière fois en janvier. C'est sa sixième réunion consécutive qui se conclut par un statu quo. Vers 8h40 GMT, la devise nippone perdait 0,64%, à 153,72 yens pour un dollar.









