
Crédit agricole, BNP Paribas, SG… En Bourse, les actions des banques du CAC 40 et d’Europe ont connu un bien meilleur parcours que le marché actions européen ces dernières années. Attention, toutefois. Le retour des fortes tensions politiques et le retard dans l’adoption de mesures budgétaires pourtant nécessaires entraînent des conséquences sur le marché obligataire (celui des taux d’intérêt) et en Bourse sur les actions des banques, par ricochet. Le spread OAT-Bund (écart entre les taux d’intérêt à 10 ans de la France et de l’Allemagne), une mesure du risque souverain sur le marché obligations, a refait une incursion au-delà de 0,80 point de pourcentage (ou 80 points de base, dans le jargon) la semaine dernière, un écart que l’on n’avait pas observé depuis janvier.
Le spread est passé de 0,65 point mi-août à près de 0,83 point mercredi dernier, une hausse relativement marquée donc. Il est important de rappeler que cette zone de 0,8 à 0,9 point de base constitue, jusqu’à présent, le pic de tension observé sur le spread OAT-Bund post-dissolution de l’Assemblée nationale. Le risque de voir l’écart entre les taux 10 ans de la France et de l’Allemagne atteindre le niveau sensible de 1 point de pourcentage (100 points de base) est élevé dans le contexte politique et budgétaire actuel.
Crédit agricole, BNP Paribas, SG… la situation en France pourrait continuer à faire chuter les actions des banques du CAC 40 !
Cet environnement déteint donc sur l’obligataire, on vient de le voir, mais aussi sur les marchés actions. Le CAC 40 qui flirtait avec les 8 000 points avant l’annonce du vote de confiance est retombé depuis sous les 7 700 points. Et ce sont les valeurs bancaires (les actions des banques : Crédit agricole, BNP Paribas, SG, etc.) qui ont surtout subi les effets négatifs de cet environnement. L’indice Stoxx 600 Europe Banks a abandonné 4,5% la semaine dernière. Après le puissant rallye haussier observé sur cet indice sectoriel ces dernières années (175% de hausse depuis octobre 2022 !), il est tout à fait possible que la situation politique et budgétaire en France entraîne des prises de gains supplémentaires en Bourse sur les actions des banques en France et en Europe.
La France, qui a émis de la dette à long terme jeudi, a certes réussi à placer le montant qu’elle souhaitait, en revanche les conditions ont été moins favorables que lors de adjudications précédentes, sur les obligations à 10 ans notamment : 3,57% pour le taux (contre 3,41% début août) et un taux de couverture de 2,2 contre 2,9 début août. Le taux de couverture (ou « bid-to-cover ») représente le niveau de demande par rapport à l’offre, plus ce taux est élevé, plus cela signifie que les investisseurs ont de l’appétit pour la dette française.

Crédit agricole, BNP Paribas, SG… En Bourse, une chute de près de 10% des actions des banques est possible
Pour revenir à l’indice boursier sectoriel Stoxx600 Europe Banks (Crédit agricole, BNP Paribas, SG, etc.), il a progressé de 300% depuis le creux de 2020 et de 175% depuis le creux d’octobre 2022. L’environnement politique et budgétaire actuel en France, avec les tensions qu’il génère sur l’obligataire souverain, pourrait donc favoriser quelques prises de gains dans les jours et semaines qui viennent. L’indice évolue actuellement à 301 points, un retour dans la zone 265-275 points semble donc tout à fait possible, soit une baisse moyenne potentielle de 10% supplémentaire en Bourse, après la baisse de 4,5% la semaine dernière.















