Un billet pour sillonner l’Allemagne

Cinquante-huit euros. Pour ce tarif mensuel, les Allemands peuvent emprunter tous les bus, tramways, métros et trains de leur pays, autant qu’ils le désirent – hors lignes à grande vitesse et voyages transfrontaliers, à l’exception de quelques destinations proches des frontières comme Lauterbourg et Wissembourg en Alsace.

Ce Deutschland-Ticket, téléchargeable sur smartphone, est né le 1er mai 2023, vendu 49 euros. Il succédait alors au billet à 9 euros lancé à l’été 2022 pour mettre les transports en commun à portée de toutes les bourses, à l’heure où les prix des carburants s’envolaient et où l’inflation grignotait le pouvoir d’achat des consommateurs. Et pour réduire, en prime, les émissions de gaz à effet de serre. Mais le succès phénoménal de cet abonnement (52 millions vendus) a coûté cher au budget fédéral: 2,5 milliards d’euros.

Le D-Ticket suspendu aux aléas de la vie politique

Sa nouvelle formule est nettement plus chère pour les usagers. Et l’Etat comme les Länder mettent 1,5 milliard d’euros au pot afin de compenser le manque à gagner des transporteurs. Plébiscité par ses 13 millions d’utilisateurs, le D-Ticket a survécu au naufrage automnal de la coalition entre les sociaux-démocrates, les libéraux et les Verts au pouvoir à Berlin. Mais sa survie n’est pas assurée au-delà de l’an prochain. En effet, les chrétiens-démocrates, favoris des élections législatives anticipées de février 2025, ne sont pas les plus chauds partisans de l’abonnement illimité à 58 euros…