
Mercredi 3 septembre, à Lisbonne, le funiculaire de Lisbonne a déraillé. Il a causé la mort de 16 personnes personnes, et en a blessé 21 autres. L’accident aurait été provoqué par la rupture d’un câble, qui a ensuite entraîné la perte de contrôle de la cabine. Le funiculaire s’est ensuite écrasé contre un bâtiment voisin. Si l’enquête doit déterminer les causes exactes, une question se pose déjà : celle du surtourisme.
Mis en service en 1885, le funiculaire est devenu une attraction phare pour des millions de visiteurs. Cette affluence croissante exerce une pression inédite sur une infrastructure ancienne, soumise à une usure accélérée et à un usage pour lequel elle n’avait pas été conçue. «Ces funiculaires ne sont pas dimensionnés pour absorber un tel afflux», souligne Jérôme Léger, directeur de la société Transdev Le Havre, interrogé par Le Parisien.
Des infrastructures anciennes sous pression
Cette surutilisation pourrait avoir fragilisé le système de câbles et de freinage. La société Carris, qui gère les transports, assure toutefois que «tous les protocoles d’entretien» avaient été suivis. Mais la maintenance, externalisée depuis plus de dix ans, suscite des interrogations. Des syndicalistes cités par l’agence Lusa dénonçaient récemment une baisse de rigueur, notamment sur la vérification des câbles. Le quotidien Correio da Manhã affirme même que certains contrôles n’étaient plus effectués depuis fin août, faute d’appel d’offres validé.
Ces doutes interviennent dans un contexte de surtourisme qui fragilise la capitale. Avec plusieurs millions de visiteurs annuels, Lisbonne subit une pression constante sur ses transports emblématiques. Le maire de Lisbonne, Carlos Moedas, a reconnu que «la ville a besoin de réponses» et promet d’évaluer si le rythme d’exploitation a pu contribuer à l’accident. Le Premier ministre Luís Montenegro a, lui, assuré faire «toute la lumière» sur ce drame.
Deuil et consternation au Portugal
Depuis l’accident tragique, les réactions des dirigeants européens sont nombreuses. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s’est dit «choqué par le terrible accident». Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, a partagé sa «profonde tristesse» et sa «solidarité». En France, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a adressé son soutien à la population portugaise.
Le drame a poussé le gouvernement à déclarer un jour de deuil national dès jeudi 4 septembre. La mairie, de son côté, a décidé d’établir trois jours de deuil municipal. Le maire de Lisbonne a qualifié l’accident de «tragédie sans précédent pour notre ville» et a suspendu les autres lignes. Le bureau du procureur général de la République a annoncé l’ouverture d’une enquête, «comme l’exige la loi», a-t-il expliqué dans un communiqué à l’agence de presse Lusa.


















