La RATP change de politique concernant les colis perdus et bagages oubliés dans les transports et dans les gares. En moyenne, ce sont environ huit bagages ou colis qui sont oubliés, selon Le Parisien. Et quand cela arrive, le trafic est durablement interrompu au détriment de milliers d’usagers, mais pas seulement. Cela coûte aussi énormément à la régie. D’autant que ces perturbations sont en nette progression depuis la crise sanitaire. En 2024, la RATP avait enregistré une hausse de 27 % du nombre d’objets oubliés par rapport à 2023. Et bien qu’elle ait développé des équipes spécialisées pour intervenir plus vite, les perturbations restent régulières et fréquentes.

Pour faire face à ces événements perturbateurs, l’opérateur de transports décide de renouveler ses consignes d’intervention, après que le préfet de police a apporté de nouvelles précisions.

Des trains maintenus en circulation sous conditions strictes

Dans un courrier adressé à la RATP, le préfet de police a donc reprécisé les critères qui définissent un colis suspect. «Si l’objet découvert présente par sa forme, sa constitution ou une inscription, un risque sérieux de contenir un objet explosif ou de représenter un péril d’une autre nature, l’objet est qualifié d’objet dangereux (une bouteille de gaz, la présence de fils électriques ou d’un message menaçant, par exemple). Le traitement de l’objet délaissé relève alors des forces de l’ordre qui saisissent le déminage», explique le préfet dans la lettre consultée par Le Parisien.

De ce fait, la RATP a donc changé les consignes concernant les précautions à prendre en cas de colis abandonnés dans les gares. Alors qu’avant, lors d’un abandon de colis ou d’objet, les trains étaient immobilisés et le trafic de ce fait interrompu, maintenant, si le colis n’est pas considéré comme dangereux au regard des nouvelles règles, les trains continuent de fonctionner, sans s’arrêter dans la gare où le colis a été abandonné. En ce qui concerne les colis abandonnés à bord de la rame la règle évolue également. Jusqu’ici, le train devait s’arrêter et être évacué. Désormais, ce ne sera le cas que si le colis est considéré comme dangereux, là aussi selon les nouvelles règles. Le train vidé de ses passagers sera juste conduit sur une voie secondaire, pour que le trafic ne soit pas perturbé. Face à ces nouvelles consignes, les syndicats comme Force Ouvrière ou La Base ont fait part de leur colère. Ces derniers ont même invité les conducteurs à la désobéissance à ces nouvelles règles.