
Ils comptent se faire entendre. Les deux principaux syndicats agricoles, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA), ont de nouveau appelé à la mobilisation «massive» pour le lundi 26 mai. Les deux syndicats «seront devant l’Assemblée nationale» ce lundi matin. «Environ 200 à 250 agriculteurs» ont prévu de faire le déplacement à Paris selon le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, interrogé par Franceinfo. Résultat, ce lundi matin, des opérations escargot étaient prévues sur plusieurs axes franciliens comme l’A15, la N184 et la N104.
En parallèle, «dans tous les départements, il y aura des actions entre aujourd’hui et mercredi», a prévu le chef de file de la FNSEA. Il assure que «l’objectif n’est pas de bloquer les Français» mais bien de donner de la voix alors que l’examen de proposition de loi visant à «lever les contraintes» des agriculteurs, la loi Duplomb, commence lundi 26 mai à l’Assemblée nationale. La mobilisation a déjà commencé localement mercredi 21 mai avec quelques actions coups de poing. Lundi 19 mai, des agriculteurs ont bloqué plusieurs sections d’autoroutes dans le Nord.
Un texte de loi «détricoté» en commission selon les syndicats agricoles
Le texte porté par le sénateur républicain Laurent Duplomb est considéré comme «vital» par les syndicats car il est censé répondre aux attentes de la profession après leur mobilisation de l’année dernière. «Nous avons manifesté, travaillé, subi tout ce qui se passe sur le plan politique (...) les promesses qui nous sont faites ne sont pas là et c’est intolérable pour nous», a regretté le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau sur RMC le 15 mai.
Selon le chef de file de la FNSEA, la parole donnée par le gouvernement «n’est pas tenue» car le texte a été «détricoté» en commission à l’Assemblée ces derniers jours. «Les premiers travaux issus des commissions développement durable et affaires économiques vont à l’inverse des promesses faites lors des mobilisations inédites en 2024», ont déploré les organisations syndicales dans un communiqué paru mercredi 21 mai. «Au lieu de lever les entraves à l’exercice du métier, le texte modifié ajoute de nouvelles contraintes et complexifie davantage le quotidien des agriculteurs», ont-ils ajouté.
En parallèle, les deux syndicats pointent du doigt une tentative d’«obstruction» du texte par les députés LFI et Écologistes qui ont déposé respectivement 800 et 1 500 amendements. «Malheureusement, il est aujourd’hui quasiment certain que la discussion de ce texte n’arrivera jamais à son terme» craignent la FNSEA et les JA, pour qui il y a «atteinte au débat démocratique» et un «mépris profond» pour les agriculteurs. Ce week-end, face aux 3 500 amendements déposés, les députés favorables au texte ont déposé une motion de rejet pour contourner ce «mur d'amendements».
Dans le détail, la proposition de loi prévoit notamment de faciliter l’accès aux pesticides. La commission a donné son accord à la réintroduction à titre dérogatoire d’un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France depuis sept ans, l'acétamipride, nocif pour les pollinisateurs sous certaines conditions et durant trois ans. Le texte entend aussi simplifier l'agrandissement des élevages. Certaines mesures comme celles liées au prélèvement et au stockage de l’eau, ont été rejetées en commission.


















