
C’est un commentaire, public, sous un post sur les réseaux sociaux, qui fait polémique aujourd’hui. Comme l’a repéré BFMTV, ce week-end, le compte Facebook des Echos republiait un article datant de décembre 2024 classant les meilleures compagnies ferroviaires européennes. Il en ressort que Trenitalia arrive en tête avec une note de 7,7, loin devant la SNCF, cinquième (6,6). Mais c’est un des commentaires sous le post qui a interpellé. Son auteur ? Philippe Deschamps. L’homme n’est autre que le sous-préfet de Thionville.
Répondant à un autre internaute qui demandait de donner le même salaire aux cheminots français qu’aux salariés de la compagnie italienne, Philippe Deschamps lui répond qu’il commente «ce qu’il ignore». Selon lui, il faut «regarder ce que fait un contrôleur de Trenitalia et ce que fait un contrôleur français», évoquant leurs salaires. Et le sous-préfet va plus loin : «J'ai comparé et je comprends très bien la différence de rémunération puisque la seule chose faite par le contrôleur de la SNCF est d'avoir dormi dans son compartiment.»
Le sous-préfet dit «fuir dès que possible, les TGV SNCF»
Une saillie contre les contrôleurs de la SNCF qui n’est pas terminée, puisque Philippe Deschamps énumère tout ce que font leurs homologues italiens, à savoir «amener son repas, ramasser les déchets, contrôleur deux fois plus vite» et être capable de «régler en deux coups de cuillère à pot des petits soucis des passagers». En somme, son contrôleur de Trenitalia «n’a pas cessé de travailler», laissant entendre que ceux de la SNCF ne faisaient pas grand-chose.
Selon BFMTV, un chef de bord chez Trenitalia serait payé entre 3 800 et 4 000 euros par mois. C’est moins pour un contrôleur de la SNCF en fin de carrière, qui toucherait 3 400 euros net. La situation est donc claire pour Philippe Deschamps : «Bref, il y en a un qui bosse dur avec le sourire et le second qui se cache pour en faire le moins possible», raison pour laquelle il «fuit dès que possible, les TGV SNCF au profit de Trenitalia». Il se réjouit dans une autre réponse que son «ressenti est partagé par la majorité des clients».
Les agents SNCF fustigent un «dénigrement»
Mais une question se pose : un sous-préfet peut-il sortir de son devoir de réserve comme Philippe Deschamps l’a fait ? D’autant qu’il a commenté avec son compte officiel. Cette sortie a suscité l’ire d’agents de la SNCF qui dénoncent le «dénigrement d’une entreprise publique». Selon le Service public, un agent public ne doit pas «manifester ses convictions qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques, à l’égard des usagers et de ses collègues». Ni d’ailleurs ses «opinions personnelles».


















