
Avant de nommer un nouveau Premier ministre, Emmanuel Macron a décidé de réunir tous les chefs de partis, hormis le Rassemblement national et La France insoumise. Une manière de dévoiler de derniers détails ou d’aborder certains sujets cruciaux comme la réforme des retraites ? Si l’exécutif a ouvert la porte sur le sujet ces derniers jours, un prérequis de non-censure pour la gauche, au sein du socle commun, une suspension de la réforme est loin de faire consensus. Le ministre démissionnaire de l’Economie, Roland Lescure, Edouard Philippe ou encore l’ancienne porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, se sont prononcés contre.
C’est au tour d’une autre membre du gouvernement démissionnaire, Agnès Pannier-Runacher, de s’opposer fermement à une telle mesure. Invitée de Franceinfo ce vendredi matin, la ministre sortante de la Transition écologique explique qu’il «n’est pas question, de notre point de vue, d'abroger la réforme», car abroger, ce serait «remettre en question l’augmentation des pensions de plus de 1,5 million de Français», ce qui est «inacceptable».
Une suspension de la réforme affecterait les pensions de retraite
En revanche, au tour d’une autre membre du gouvernement démissionnaire, Agnès est prête à «temporiser» pour 2026 «sur le nombre de trimestres nécessaires pour partir à la retraite». C’est «envisageable», laisse-t-elle entendre. Et si la ministre est ouverte sur ce point, elle refuse de parler de suspension. «Aujourd’hui, l’âge limite de départ est de 62 ans et neuf mois, et ça pourrait être cela jusqu’en 2027, ça s’appelle une temporisation», a-t-elle martelé au micro de Franceinfo.
Car si une suspension de la réforme des retraites devait être décidée, alors cela voudrait dire que «toutes les avancées qui ont été faites pour les retraités qui permettent de payer mieux les femmes, et mieux les carrières hachées seraient enlevées aux Français», met-elle en garde. Et d’ironiser face aux partisans de l’abrogation de la réforme : «Expliquer à quelqu’un qu’il va perdre 50 euros de retraite par mois, bon courage !»
Très sceptique avant la rencontre entre le chef de l’Etat et les chefs de partis, Agnès Pannier-Runacher aurait préféré que l’on «se mette d’accord sur le quoi avant le qui, c’est-à-dire la plateforme sur laquelle avancer», notamment pour aborder les thèmes centraux que sont la justice fiscale, le pouvoir d’achat et donc les retraites. Elle a aussi plaidé pour une «rupture» en «tendant la main à gauche», la seule manière d’avoir «un accord de non-censure».
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