“Proposer des jouets écolos qui plaisent autant aux enfants qu’aux parents”

Marine Bocabeille et Quentin Ory, créateurs des Mini Mondes

Le projet. Lorsqu'il crée sa toute première boîte de jeux de société sur la culture française, Quentin Ory, aujourd’hui trentenaire, découvre que l’industrie du jouet génère en France 75 000 tonnes de déchets chaque année. Sa fibre écolo se révolte : pour changer cela, il faut des jouets écoconçus, utilisant des matériaux recyclés et recyclables. Mais il faut aussi faire l'unanimité entre les enfants – «Ils adorent les jeux criards en plastique !» – et leurs parents, «adeptes des jolis jouets en bois, qui ne font pas marrer les enfants».

Par le biais du start-up studio nantais Imagination Machine, il rencontre Marine Bocabeille. Passionnée de voyage, elle a bossé plusieurs années dans le commerce. Les deux aspirants entrepreneurs réunissent leurs univers pour créer les Mini Mondes : des jouets en plastique recyclé made in France, qui racontent, façon carnets de voyage, les aventures de la famille Duchemin autour du monde.

Le challenge. Pour répondre aux aspirations de tous, le projet des Mini-Mondes est coconstruit. Les fondateurs ont interrogé 200 familles, dans leur réseau ou en passant des annonces sur Leboncoin, pour savoir ce qui leur plairait. «Ils nous ont dit que c’était bien d’avoir des jouets mieux fabriqués, mais qu’ils voulaient aussi des histoires plus inspirantes, sortant des stéréotypes princesses et pompiers», raconte Quentin Ory. C’est ainsi que naît l’idée de suivre une famille voyageuse, pour faire découvrir la culture, la cuisine, la nature de chaque pays traversé.

Second défi, assurer une production française. Les jouets sont «made in Grand Ouest» ! «Pour nous, c’était une évidence», souligne le fondateur, précisant que ce n’est «finalement pas si compliqué». De fait, les deux complices ont embarqué dans leur aventure tout un écosystème de partenaires locaux. Le studio de design est à Nantes, le bureau d’études à Angers, le producteur de plastique recyclé (à partir de pots de yaourt) à Poitiers, l’usine de fabrication de jouets dans le Finistère et le tampographe (créateur de tampons) en Vendée.

Le financement. «Créer un jouet, cela coûte relativement cher», constate Quentin Ory. Pour financer leur lancement, les créateurs des Mini Mondes ont organisé, à l’été 2019, une campagne de précommandes du van des Duchemin et convaincu 1.000 premiers clients. «Le financement participatif a deux avantages : injecter rapidement un peu de cash dans le projet et obtenir plus facilement un prêt bancaire», apprécie l’entrepreneur.

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