Jean-François, la petite soixantaine, retraité de l'armée, vit dans le sud-ouest avec son épouse et son fils adolescent. Au fil des ans, il a réussi à mettre de côté de belles économies qu'il souhaite faire fructifier. Alors, il opte pour une solution dont son entourage lui a vanté les mérites : l'or. «On m’a toujours dit que l’or était un placement refuge», explique-t-il devant les caméras de TF1. Après quelques recherches en ligne, son choix se porte sur un site d’investissement qui semble sérieux, recommandé par des médias réputés tels que Forbes, fort de 4 500 investisseurs satisfaits. Jean-François contacte la plateforme et, convaincu par son interlocuteur, décide de se lancer.

Dans un premier temps, l’opération semble fructueuse. Jean-François investit 40 000 euros et perçoit rapidement un premier versement de 266 euros. En confiance, il augmente progressivement ses mises. En quatre mois, il verse en tout 173 000 euros, toutes ses économies. En retour, la plateforme lui promet près de 800 euros de rente mensuelle. «Pour moi, la vie était belle», résume-t-il, certain que les pièces d’or dans lesquelles il a investies sont en sécurité, stockées dans un coffre en Suisse, certificat à l’appui.

Le site internet d'une vraie plateforme a été usurpé

Mais au bout de huit mois, après avoir perçu au total 7000 euros, les versements cessent brusquement. Impossible de joindre la plateforme. «Je suis tombé de haut», témoigne Jean-François, qui comprend avoir été arnaqué. «J’ai honte. J’ai une épouse qui ne travaille pas, un fils de 14 ans. Et j'en veux à ces personnes qui sont machiavéliques, qui n'ont rien à faire du devenir des clients qu'ils vont spolier.» Désemparé, il fait appel à Marc Bouzy, expert des escroqueries financières. Très vite, ce dernier identifie une fraude particulièrement bien rodée. Selon lui, le site imite parfaitement les codes des vrais acteurs du marché de l’or : contrats impeccables, factures crédibles, certificats de stockage très bien réalisés...

La plainte en France a été classée sans suite

Mais le site en question est une copie d’un véritable acteur du secteur, usurpant son identité graphique. «Vos certificats sont des faux et vous n'avez pas d'or stocké en Suisse», annonce l’expert à Jean-François. L’équipe de Marc découvre que l’escroquerie dépasse même les frontières françaises : Siège social en Belgique, fausses antennes en Espagne... Une plainte est déposée en France mais l’affaire est classée sans suite. En Belgique en revanche, un procureur a ouvert une enquête pénale. Jean-François va se constituer partie civile pour espérer un jour obtenir réparation. «C'est toujours très long les enquêtes, il ne faudra pas être pressé, mais si ça aboutit à un remboursement, ne serait ce que partiel, ce sera déjà une bonne chose», veut croire l’ex-militaire.