Tout débiteur en retard de paiement devrait le savoir : le taux d’intérêt légal, c’est la somme qu’un débiteur doit verser à son créancier (celui à qui on doit l'argent) lorsque la dette n’est pas réglée à temps. Fixé tous les six mois par l’État, il vise à indemniser le créancier pour le préjudice subi. Au 1er janvier 2026, il a légèrement évolué. Et le taux est loin d’être négligeable : chaque jour de retard peut alourdir la facture.

Depuis 2015, rappelons que deux taux distincts existent : l’un pour les dettes entre particuliers, l’autre quand le créancier est un professionnel (artisan, banque, entreprise, etc.).

Les taux applicables au 1er semestre 2026

Entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le taux d’intérêt légal applicable aux dettes entre particuliers a été fixé à 6,67% annuel par arrêté du 15 décembre dernier. Il progresse très légèrement par rapport au second semestre 2025 (6,65%), mais reste en dessous des niveaux élevés ces dernières années lorsqu’il dépassait 7%, voire 8%.

Ce taux concerne, par exemple, un parent qui règle une pension alimentaire en retard, un ex-conjoint qui tarde à verser une prestation compensatoire après un divorce, un propriétaire condamné à restituer un dépôt de garantie à son ancien locataire, ou encore un proche qui n’honore pas sa reconnaissance de dette. Dans toutes ces situations, chaque jour de retard produit des intérêts calculés au taux légal.

Si vous devez de l’argent à un professionnel, le taux est plus faible. Il recule à 2,62% pour le 1er semestre 2026, contre 2,76% au second semestre 2025 et 3,71% au premier semestre 2025. Il s’applique par exemple à une facture impayée à un artisan, mais aussi parfois lorsqu’un particulier accuse un retard de paiement sur un crédit à la consommation.

Comment calculer les intérêts de retard ?

Même si le taux est exprimé en pourcentage annuel, les intérêts sont calculés au jour près. La formule est la suivante : somme due × nombre de jours de retard × taux / (365 × 100).

Prenons un cas concret. Un particulier vous doit 5 000 euros après une décision de justice et vous règle avec 40 jours de retard au 1er semestre 2026. Vous pouvez lui réclamer 36,54 euros d'intérêts de retard (5 000 × 40 × 6,67 / 365 x 100).

Autre exemple : vous avez 60 jours de retard pour régler une facture de 10 000 euros à votre constructeur de maison. Les intérêts sont un peu moins élevés que pour les particuliers mais, dans notre exemple, ils s'élèvent à environ 43 euros (10 000 × 60 × 2,62 / 365 x 100).

Mais la facture peut vite grimper si le retard se prolonge. Passé deux mois après l’application d’un jugement, le taux d’intérêt légal est majoré de 5 points : pour une dette entre particuliers, il frôle alors les 12% ! Sur une pension alimentaire impayée pendant plusieurs mois ou sur une indemnité de plusieurs milliers d’euros, le surcoût devient significatif.

Dans certains cas, le juge peut également décider de la capitalisation des intérêts. Ceux-ci s’ajoutent alors au capital et produisent eux-mêmes des intérêts chaque année, un effet boule de neige qui alourdit la dette.

En 2026, avec un taux annuel supérieur à 6%, mieux vaut donc éviter de laisser traîner un arriéré de paiement, surtout si le retard dure ou si les sommes en jeu sont importantes.