
Les Français sont-ils en train de tourner le dos au Livret A ? Alors que le ministre de l’Économie a dernièrement annoncé que le taux du livret d’épargne préféré des Français allait voir son taux passer de 1,7% à 1,5% au 1er février prochain, soit l’un des plus bas depuis 2022, un constat vient prouver le désaveu des épargnants pour le Livret A. En effet, comme le rapporte BFMTV, l’an passé, les épargnants ont retiré plus d’argent de leur Livret A qu’ils n’en ont déposé. Il s’agit là d’une première depuis 2015.
Mais alors, comment expliquer une telle situation ? Selon le directeur financier du fonds d’épargne de la Caisse des dépôts (CDC), Stéphane Magnan, cette situation serait «un retour de balancier tout à fait logique» après plusieurs années d’importants dépôts, mais aussi liée à la concurrence féroce de l’assurance vie. Quant aux taux de rémunération en berne, ces derniers n’y seraient d’ailleurs pas pour rien.
Des retraits supérieurs de 2,12 milliards d’euros aux dépôts
Alors qu’aujourd’hui ce sont 57 millions d’épargnants qui possèdent un Livret A pour près de 450 milliards d’euros, dans le détail, en 2025, les retraits ont dépassé de 2,12 milliards d’euros les dépôts d’argent. Cette situation, qualifiée de «décollecte nette» qui se veut rare sur une année pleine, intervient par ailleurs après de nombreuses années fastes pour le livret d’épargne préféré des Français depuis la période du Covid-19. Malgré tout, selon les chiffres de l’Insee, la capacité d’épargne des Français est intacte avec près d’un euro sur cinq mis de côté.
Si le petit livret rouge n’a désormais plus la cote, le livret de développement durable et solidaire (LDDS) s’en est de son côté un peu mieux sorti avec une collecte nette de 1,65 milliard d’euros en 2025. Quant au livret d’épargne populaire (LEP) réservé aux revenus les plus modestes qui affiche un taux plus avantageux à 2,5% à partir du 1er février, ce dernier est lui aussi à la peine selon les données de la CDC. En l’espace d’un an, il a lui aussi connu une décollecte nette de 840 millions d’euros, et ce, notamment en raison de la radiation de nombreux titulaires qui n’en sont plus éligibles après une augmentation de leurs revenus.


















