L'assurance-vie a battu un record en 2025, avec un encours de 2 107 milliards d'euros à fin décembre selon France Assureurs. Près de 1 475 milliards sont logés sur des fonds en euros, ces supports à capital garanti qui captent 70 % de l'épargne des assurés. Le rendement moyen servi en 2025 a atteint 2,60 % selon France Assureurs, 2,65 % d'après l'ACPR. C'est la troisième année consécutive de stabilité, et c'est largement au-dessus du Livret A tombé à 1,5 % net depuis le 1er février 2026.

Mais savez-vous réellement de quoi est composé votre fonds en euros ? Sa composition peut changer beaucoup de choses. Cela se voit directement sur les rendements, car cette moyenne de 2,60 % cache des écarts considérables. Sur 2025, les fonds euros les moins performants ont servi 2,15 %, les meilleurs 4,10 % nets de frais, certains contrats dépassant même 4,50 % avec un bonus conditionnel lié aux unités de compte. Ces écarts tiennent à un élément que peu d'épargnants regardent : la composition du portefeuille obligataire.

70 à 80 % d'obligation dans votre fonds en euros

« Les fonds euros sont constitués en moyenne de 70 à 80 % d'obligations, réparties entre obligations d'État et obligations d'entreprises. La qualité de la gestion obligataire est donc clé », explique Catherine Baudeneau, porte-parole Altaprofits, courtier en placements financiers. Les obligations d'État, dites souveraines, sont généralement moins rémunératrices mais quasi sans risque de défaut. Les obligations d'entreprises, ou corporate, paient un coupon plus élevé pour compenser un risque supérieur. Le solde du portefeuille est complété par des actions, de l'immobilier et des produits monétaires.

La composition exacte du portefeuille reste obscure pour la plupart, mais « il est possible de connaître la composition du portefeuille obligataire de son fonds euros en consultant le rapport annuel, qui est un document public », rappelle Catherine Baudeneau. Ce rapport détaille la répartition entre obligations d'État et obligations d'entreprises, la notation moyenne du portefeuille obligataire, et parfois la duration, c'est-à-dire la sensibilité du portefeuille à une variation des taux d'intérêt. C'est dans ce rapport qu'on peut apprécier dans quelle dynamique le fonds est positionné.

Dans les fonds en euros, les obligations sont généralement conservées jusqu'à leur terme. Elles ont une duration moyenne d'environ 6 à 7 ans, mais cela varie. Par exemple, une duration courte (3 à 5 ans) signifie que le portefeuille se renouvelle vite : il capte rapidement les taux du marché, à la hausse comme à la baisse. Une duration longue (8 à 12 ans) verrouille le rendement plus longtemps : c'est à l'avantage quand les taux sont à la baisse, mais désavantageux quand ils montent.

Un rendement qui s'apprécie sur la durée

Pour toutes ces raisons, une durée courte ne suffirait à juger un fonds. « Attention à l'interprétation du rendement d'un fonds en euros sur une année. Il est préférable de regarder son historique pour s'assurer de la performance de la gestion dans la durée », prévient Catherine Baudeneau. Un rendement exceptionnel sur une année peut s'expliquer par des gains ponctuels qui ne se répéteront pas. La performance de la gestion obligataire se mesure sur 3 à 5 ans minimum. Sans oublier qu'un assureur peut, pour une année donnée, puiser dans sa provision pour participation aux bénéfices (PPB). C'est-à-dire qu'il prend dans une réserve constituée les bonnes années pour lisser les rendements des moins bonnes.