Bientôt une fiscalité plus lourde sur vos placements ? C'est en tout cas une piste qui resurgit à l'approche des débats autour du Budget 2026. La semaine dernière, c'est un relèvement du prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou flat tax) de 30% à 36% qui était évoqué du côté du ministère de l'Economie. Déjà, il y a un an, à l'occasion des discussions sur le projet de loi de finances pour 2025, les sénateurs avaient adopté le relèvement de ce même PFU de 30% à 33%. Mais la mesure n'avait finalement pas été retenue dans la version définitive du Budget.

Pour rappel, depuis 2018, les revenus du capital sont soumis à une imposition unique, quelle que soit votre tranche d'imposition ou votre niveau de revenus. D'où le nom de «flat tax», signifiant «impôt forfaitaire (plat)». Ce «forfait» commun à tous les investisseurs s'élève à 30%, composé de 12,8% d'impôt sur le revenu et de 17,2% de prélèvements sociaux. Si vous craignez un relèvement prochain de cette imposition, plusieurs placements y échappent, et peuvent servir à rapatrier vos économies.

Les intérêts des livrets réglementés sont totalement défiscalisés

En premier lieu, rappelons que les livrets réglementés - c'est-à-dire disponibles dans toutes les banques aux mêmes conditions - ne sont pas soumis à la flat tax, car les intérêts qu'ils génèrent sont totalement défiscalisés. Dans cette catégorie, on trouve bien sûr le Livret A, mais aussi le Livret d'épargne populaire (LEP), le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), et enfin le Livret jeune. Les intérêts touchés sur ces livrets, qui vous sont versés chaque année dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, peuvent y être laissés, ou virés vers votre compte courant, sans avoir aucune déclaration à faire au fisc.

Toutefois, ces livrets sécurisés, sur lesquels votre épargne est garantie à 100%, servent avant tout à accueillir votre épargne de précaution, car ils sont plafonnés (22 950 euros, par exemple pour le Livret A). Aussi, pour financer des projets conséquents, il est nécessaire de se tourner vers des produits d'épargne à plus long terme, comme l'assurance vie. Hélas, «ce produit d'épargne, détenu par près de la moitié des ménages, serait, lui aussi, concerné par un rehaussement du prélèvement forfaitaire unique», relève le directeur du Cercle de l'épargne, Philippe Crevel, dans sa dernière note.

L'assurance vie et le PER, pour contourner le PFU

En effet, si vous ouvrez aujourd'hui une assurance vie, c'est bien le PFU qui s'applique sur vos gains, si vous effectuez un retrait (ou «rachat») avant le huitième anniversaire de votre contrat. En revanche, selon les règles actuellement en vigueur, vous bénéficiez d'un avantage fiscal passé ce huitième anniversaire : chaque année, vous pouvez retirer jusqu'à 4 600 euros de gains pour une personne seule (9 200 euros pour un couple imposé en commun) en toute franchise d'impôt. Au-delà de ce montant, vous profitez d'une flat tax «allégée», de 24,5% sur les gains générés par les 150 000 premiers euros taxables.

Autre produit d'épargne long terme, le plan d'épargne retraite (PER) «peut aussi vous offrir à la sortie une fiscalité avantageuse, à condition de ne pas avoir bénéficié de l'avantage fiscal à l'entrée», rappelle Thomas Perret, fondateur de Mon Petit Placement. Pour rappel, ce placement vous permet de déduire le montant des versements effectués de votre revenu imposable chaque année. Si vous décidez de ne pas utiliser cet avantage - par exemple si vous êtes faiblement imposé -, l'intégralité de vos versements pourra échapper à l'imposition à «la sortie», c'est-à-dire le jour de votre départ en retraite, si vous optez pour un retrait en capital, sous forme de versement unique ou fractionné, et non sous forme de rentes.

Investir en Bourse dans le monde entier et sans flat tax, c'est possible !

Enfin, rappelons que la flat tax s'applique notamment aux revenus des placements boursiers (actions, obligations, ETF…), si vous les achetez et les revendez par le biais d'un compte-titres, par exemple. Toutefois ce type de placements risqués - et potentiellement plus rémunérateurs - peut aussi échapper à l'impôt forfaitaire, à condition d'utiliser une enveloppe particulière, le plan d'épargne en actions (PEA). Passé cinq ans de détention, ce produit d'épargne vous permet en effet d'être exonéré d'imposition sur vos gains. Originellement, le PEA était réservé à l'investissement dans des actions uniquement françaises et européennes, mais depuis peu, y sont également éligibles des «trackers» permettant d'investir au-delà des frontières du Vieux continent. A envisager, donc, pour investir en Bourse sans passer par la case flat tax.