La mesure n’est pas officielle, mais elle est dans les tuyaux. Pour relancer la consommation et améliorer le pouvoir d’achat des Français, le gouvernement souhaite permettre à certains de débloquer une partie de leur intéressement. Concrètement, les salariés gagnant jusqu’à deux SMIC (soit 3 646 euros bruts) pourraient ainsi débloquer jusqu’à 2 000 euros sur leur épargne salariale, notamment le plan d’épargne entreprise (PEE) sans payer d'impôt. Dénonçant une mesure jugée inefficace et inéquitable, les syndicats et le patronat sont contre. En réponse, le gouvernement s’est dit ouvert à un débat pour rediscuter la limite des 2000 euros.

Réaliser des achats du quotidien

Dans la foulée, une députée de la droite républicaine a déposé une loi concurrente visant à favoriser le déblocage de l’intéressement et de la participation, mais à hauteur de 50 000 euros, et ce, sans conditions de salaire. Alors, une question se pose : pourquoi le gouvernement a-t-il choisi un plafonnement à 2 000 euros ? Contacté par BFM, Bercy explique que cette somme doit permettre de servir à «débloquer ces sommes pour des achats du quotidien : un resto, se payer des vacances, acheter un canapé pour la maison».

Des déblocages plus conséquents possibles sous condition

Selon le ministère de l’Economie, en utilisant l’argent de leur épargne, les Français n’auraient ainsi «pas l'impression de toucher à leurs comptes en banque». Il concède par ailleurs qu’il y a une «énorme différence» entre les 2 000 euros qu’il propose et les 50 000 euros de la loi soutenue par Sylvie Bonnet et Stéphane Viry. Toutefois, Bercy rappelle que tout salarié peut se permettre de débloquer bien plus s’il répond à certains critères stricts de ces produits d’épargne, comme un mariage ou un Pacs, un investissement immobilier, la naissance d’un bébé, etc.

Un frein pour les entreprises ?

Mais en creux, le gouvernement veut surtout éviter que les Français vident tous leurs produits d’épargne, car ils servent à financer l'investissement des entreprises, rappelle BFM. Des entreprises pourraient se retrouver en difficulté dans le cas où la totalité des 200 milliards d’euros présents sur les PEE était retirée. «Les PEE sont fléchés vers le financement des entreprises, ça permet donc de financer l'économie. Ils sont gérés par les banques qui prêtent cet argent aux entreprises pour qu'elles investissent», met en avant le ministère.

Moins de recettes fiscales

Dernière explication : les recettes fiscales. En effet, ces déblocages seraient défiscalisés. Or, si de plus grosses sommes étaient retirées, ce serait autant de recettes fiscales en moins pour l’Etat. Le gouvernement veut donc éviter de se mettre une épine de plus dans le pied alors qu’il peine à trouver des mesures dans le cadre du budget 2026 afin d’être dans les clous, et passer ainsi sous les 5% du déficit.

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