Y aura-t-il une baisse du nombre de bénéficiaires du chèque énergie cette année, de même que de son montant alloué ? C’est en tout cas ce que craignent certaines associations qui ont décidé de tirer la sonnette d’alarme. Alors que ce chèque est aujourd’hui réservé aux 20 % des ménages les plus modestes pour les aider à payer le montant de leurs factures d’énergie ou certains travaux de rénovation de leur habitation, plusieurs associations ont tenu à dénoncer les «considérables complications» liées aux nouvelles règles d’attribution, rapporte CNews. C’est le cas notamment de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) et du Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal).

En effet, si jusqu’ici ce chèque était attribué en fonction des personnes qui habitent dans le logement, désormais, celle-ci se fera en fonction du «foyer fiscal» du titulaire du contrat d’électricité. Un changement de taille dans les règles d’attribution qui risque d’entraîner des «trous dans la raquette», déplorent les associations. Certaines personnes pourraient alors être exclues du dispositif, comme les personnes en collocation, celles hébergées ou encore celles qui sont rattachées à un autre foyer fiscal, pointent du doigt les organismes.

Des problèmes d’identification des bénéficiaires

Les associations avancent que près d’un million de personnes éligibles au chèque énergie n’avaient pas pu percevoir leur aide l’an passé. En cause, la disparition du fichier taxe d’habitation qui permettait par le passé de pouvoir identifier automatiquement les personnes éligibles. Or, désormais, ce sont les numéros des points de livraison des compteurs électriques (PDL) et le revenu fiscal de référence qui seront utilisés. Alors que ces données devront être croisées par l’Agence des services de paiement (ASP) par le biais des informations apportées par les gestionnaires de réseau et les fournisseurs d’électricité ainsi que par l’administration fiscale, la FNCCR et le Cnafal craignent des «problèmes de concordance entre les bases de données utilisées». La conséquence serait alors la non-identification automatique de certains foyers fiscaux qui devront donc faire une demande de ce chèque.

Afin d’obtenir le précieux sésame, ces derniers auront la possibilité de réclamer l’aide à laquelle ils ont droit en s’inscrivant sur un guichet en ligne. Un procédé que moins de 18 % des nouveaux ayants droit s’étaient saisis l’an dernier. Ainsi, selon le ministère de l’Énergie, sur les 5,7 millions de chèques énergie envoyés, 172 000 l’avaient été via ce guichet.

Un retard dans l’envoi du chèque à prévoir

Si habituellement le chèque énergie est envoyé aux bénéficiaires au mois d’avril, on sait d’ores et déjà que cette année les chèques seront envoyés avec du retard à compter du mois de novembre. Un retard qui s’explique en raison de «l’adoption tardive» de la loi de finances 2025, a fait savoir le ministère. Quant aux personnes qui ne seraient pas identifiées automatiquement, le guichet en ligne pour faire une demande de chèque sera ouvert jusqu’en février 2026. Un délai là encore insuffisant pour les associations qui réclament que ce dernier soit ouvert un an, rapporte le site MoneyVox.

Généralisés à partir de 2018, le montant des chèques énergies varie de 48 à 277 euros. Alors que le tarif de base de l’électricité a connu une forte augmentation ces dernières années avec une hausse de 41,5 % TTC entre 2019 et mars 2025, plusieurs intervenants réclament aujourd’hui une modification des barèmes d’attribution jugés obsolètes, de même qu’une hausse de 40 % de ces derniers pour suivre l’augmentation des prix énergétiques.