Faut-il surfer sur la vague ETF ? Pour l'heure, ils sont encore peu de Français à avoir répondu à l'appel. Selon l'étude annuelle menée par le gestionnaire d'actifs BlackRock (People & Money), 5% des particuliers détiennent aujourd'hui des ETF dans leur portefeuille financier. Mais leur progression est significative : +91% depuis 2022 (date de la première année de ce baromètre). Ce qui les a séduits ? En partie, la promesse de rendement. 29% des investisseurs en ETF citent en effet «le potentiel de rendement supérieur à ceux des comptes d'épargne ou d'autres placements» comme motivation, devant le niveau des frais, par exemple.

Dans un contexte de baisse de rendement pour de nombreux produits d'épargne, on peut comprendre que l'argument fasse mouche. C'est le cas pour les livrets grand public et défiscalisés - Livret A, Livret d'épargne populaire (LEP), Livret de développement durable et solidaire (LDDS) - dont la rémunération a en effet encore baissé le 1er août dernier. D'autres placements, comme les livrets ordinaires, comptes à termes, plans d'épargne logement (PEL), plans d'épargne en actions (PEA) ou assurances vie, pourraient eux subir une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), qui alourdirait leur fiscalité, avec un moindre rendement à la clef.

Un Livret A moins performant, mais infiniment moins risqué

Des raisons suffisantes pour céder au chant des sirènes ? Au regard des seuls rendements, il n'y a a priori pas match, puisqu'il n'est pas difficile de battre le 1,7% de rendement offert par le Livret A. Les ETF les plus populaires sur le compte-titres de l'application Trade Republic affichent par exemple des performances bien supérieures : +5,87% pour le iShares Core S&P 500 - qui suit les 500 premières entreprises américaines -, +8,52% pour le iShares Core MSCI World - qui réplique les 1 400 plus grandes entreprises du monde - ou encore +41% pour le Physical Gold ETC, corrélé au cours de l'or.

Toutefois, impossible d'arrêter ici la comparaison, car investir dans des ETF représente un risque bien plus conséquent. Les «trackers» répliquant de grands indices boursiers - comme le S&P 500 ou le MSCI World - sont par exemple notés 4 ou 5 sur 7 sur l'échelle du risque, avec la possibilité de perdre tout ou partie de votre capital. Tandis que le Livret A n’expose, lui, à aucun risque : il s'agit d'un livret d'épargne à capital garanti. Autrement dit, vous êtes toujours assuré de retrouver a minima l'argent qui y est déposé.

Certaines catégories d'ETF sont moins à risque

Pour réduire la prise de risque, il est aussi possible, depuis peu, de privilégier des ETF investis en obligations d'Etats ou de grandes entreprises, avec un risque plus faible (3/7), et un taux fixe pour plusieurs années qui peut avoisiner 4% brut, soit 2,8% net d'impôt une fois la flat tax (30%) déduite. Une fiscalité dont ne souffre pas le Livret A !

En termes de liquidité enfin, c'est-à-dire de possibilité de récupérer votre épargne quand vous le souhaitez, l'avantage tourne également à la faveur du Livret A, avec lequel vous pouvez par simple virement bancaire rapatrier vos économies sur votre compte courant. Avec un ETF investi sur les marchés financiers, il faudra se plier aux heures d'ouverture des Bourses - un peu plus contraignantes. Et avec le risque, si vous retirez vos billes à un moment défavorable, de récupérer moins que ce que vous aviez misé.

En réalité, il est donc impossible de substituer les ETF à un Livret A. Ces deux placements sont plutôt complémentaires : une fois votre épargne de précaution - entre trois et six mois de salaire - mise à l'abri sur un Livret A, il vous sera possible de profiter des nombreux atouts des ETF. Notamment de la diversification qu'ils offrent, en vous permettant d'investir dans un panier de plusieurs actifs en un seul versement. La raison principale pour laquelle les détenteurs d'ETF les plébiscitent.