La fin d'une idylle ? Alors qu'il rapportait encore 3% net d'impôt entre le 1er août 2023 et le 1er février 2025, le Livret A a vu sa rémunération plonger le 1er février dernier, à 2,4%, et il sera de nouveau raboté le 1er août prochain, probablement à un taux de 1,7%. Une dégringolade qui conduit les épargnants à renoncer à leur livret d'épargne préféré : «Sur les quatre premiers mois de l’année 2025, la collecte atteint seulement 1,53 milliard d’euros, contre 7,64 milliards d’euros sur la même période de 2024», pointe le Cercle de l'épargne dans sa note d'avril 2025.

Confirmant ces données, une récente étude commandée par Saxo Banque («Les Français et la dynamisation de leur épargne») montre que 64% des Français envisagent de placer leur épargne sur un autre support que le Livret A si le taux de ce dernier tombait sous la barre des 2%, ce qui se profile pour la deuxième partie de l'année.

Toutefois, il faut rappeler que, malgré cette baisse, le Livret A rapporte actuellement davantage que l'inflation. Avec une hausse des prix de 0,8% sur un an en avril, et qui est attendue à moins de 1% en moyenne sur les six premiers mois de l'année, le rendement réel - net d'inflation - du Livret A devrait être donc positif sur l'ensemble de l'année, ce qui n'a pas toujours été le cas quand son rendement culminait à 3% !

Si vous recherchez néanmoins un produit d'épargne rapportant davantage, deux alternatives accessibles existent, moyennant une fiscalité moins avantageuse - les intérêts du Livret A sont totalement exonérés d'impôt -, un risque de perte en capital ou une liquidité plus contrainte.

L'assurance vie en fonds euros, une alternative à moindre risque

A niveau de risque égal, on pense en premier lieu à l'assurance vie en fonds euros. Sur ce support d'investissement à capital garanti, vous êtes en effet assuré, comme sur votre Livret A, de toujours pouvoir récupérer au minimum les sommes déposées. Votre capital reste également disponible à tout moment (moyennant un délai de quelques jours à une semaine pour récupérer vos fonds).

Toutefois, à la différence d'un Livret A dont le taux est toujours connu à l'avance, le rendement d'un fonds euros varie d'un contrat d'assurance vie à l'autre, et l'assureur ne communique qu'à partir du mois de janvier le taux distribué sur l'année écoulée. En 2024, les fonds euros ont servi en moyenne un rendement de 2,6%. Une moyenne qui cache d'importantes disparités : entre 1,8% pour les moins bons contrats, et jusqu'à 4% pour les meilleurs. En prime, contrairement à votre Livret A, il faudra appliquer à ces performances une fiscalité qui dépendra de l'âge de votre contrat. A minima, il faudra vous acquitter des prélèvements sociaux (17,2%), automatiquement ponctionnés en fin d’année sur vos gains.

Toutefois, grâce à des offres à taux boostés proposés par certains assureurs, il est possible d'espérer un rendement supérieur à 4% qui peut compenser cette fiscalité : «Generali offre par exemple une bonification d'1,6% pour toute souscription ou versement libre jusqu'au 31 juillet 2025. Ce qui peut permettre d'atteindre un rendement de 4,6% du fonds euros (en 2025 et 2026, NDLR) si l'assureur maintient en rendement de "base" son taux de 3% servi en 2024», illustre Patrick Thiberge, président de Meilleurtaux Placement.

Les SCPI, un risque contenu, mais une fiscalité plus lourde

Pour viser un rendement plus significatif, il faudra accepter de prendre un peu plus de risque, ou de renoncer à un peu de liquidité, c'est-à-dire à la possibilité de retirer votre épargne quand vous le souhaitez. On pense par exemple aux sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), qui ont pu distribuer, pour les meilleures, jusqu'à 10% de rendement en 2024, avec un niveau de risque modéré (placé à 3/7 ou 4/7 sur l'indicateur synthétique du risque). Pour les SCPI 100% françaises, il faudra néanmoins être attentif à la fiscalité : les revenus fonciers sont en effet soumis à l'impôt sur le revenu selon la tranche marginale d'imposition (TMI, de 0% à 45%), à laquelle s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2%. La durée d'investissement recommandée est également comprise entre 5 à 8 ans.

Les fonds obligataires, liquides et peu risqués

Dans la galaxie des placements à moindre risque, on pense aussi aux obligations. Ces titres de dettes cotés en Bourse peuvent en effet être émis par des Etats ou de grandes entreprises peu susceptibles de faire défaut. On pense notamment aux obligations assimilables du Trésor (OAT), les emprunts émis par l'Etat français, et qui rémunèrent actuellement avec un «coupon» (les intérêts) de 3,2% versés annuellement pour une durée de 10 ans.

Il est possible d'investir dans des obligations individuelles via un compte-titres, ou à travers des fonds obligataires - qui souscrivent eux-mêmes un panier de plusieurs obligations - au sein des unités de compte (UC) de son contrat d'assurance vie, par exemple. Parmi ces fonds obligataires, on peut regarder notamment les fonds datés ou dits «à échéance» qui permettent d'investir avec un rendement et une durée connus à l'avance : actuellement de l'ordre de 4% à 5% pour une échéance en 2029 ou 2030, et avec un niveau de risque noté généralement 2/7 ou 3/7. Ici, il faudra retirer à la performance des obligations le prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou "flat-tax") de 30%.