Après une brève accalmie, la facture de gaz repart à la hausse. Les ménages abonnés avaient pourtant bénéficié de deux baisses consécutives en avril et mai, venant tempérer le choc d’une envolée tarifaire de 27% enregistrée en 2024. Mais ce répit s’avère de courte durée : dès ce mardi 1er juillet 2025, les prix du gaz remontent, rapporte Ouest-France. Le «tarif repère» établi par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) grimpe ainsi de 277 à 290 euros, soit une augmentation de 6%.
Cette hausse s’explique par l’augmentation du «tarif d’acheminement», qui sert à financer l’entretien du réseau gazier géré par GRDF, précisent les services du Médiateur de l’énergie.

Or, ce tarif représente un quart de la facture des ménages qui se chauffent au gaz. Toutefois, comment expliquer cette hausse alors que le nombre d’abonnés au gaz ne baisse pas ? Interrogé par Ouest-France, le cofondateur du comparateur Selectra, Aurian de Maupeou, rappelle que «la rémunération de GRDF est basée sur la consommation». Si le nombre de foyers souscrivant à un abonnement au gaz est stable, leur consommation baisse. L’année dernière, elle équivalait à 361 térawattheures (contre 474 trois ans plus tôt).

Une hausse limitée pour la plupart des ménages, mais des incertitudes à venir

Reste que cette augmentation de 6% n’est qu’un repère, comme l’indique le nom du tarif de la CRE. Les fournisseurs fixent ensuite de façon libre le prix du kWh. Pour autant, la facture ne devrait pas augmenter de 6% pour tous les ménages : la CRE estime que l’augmentation moyenne d’un consommateur résidentiel sera d’environ 1,4%, souligne le site Energie-info. Attention également à bien vérifier votre contrat, car même s’il s’agit d’un «prix fixe», certains fournisseurs prévoient une répercussion du tarif d’acheminement (ATRD).

Va-t-on au-devant de nouvelles hausses ? Si les cours mondiaux ont chuté de 8% au mois de juin, rappellent nos confrères, la situation internationale pourrait rebattre les cartes une nouvelle fois. En effet, le prix du kWh pourrait de nouveau bondir en raison de la guerre entre Israël et l’Iran. Comme pour le pétrole, les marchés craignent la fermeture du détroit d’Ormuz, or c’est par ce détroit que «transite 20% du gaz liquéfié mondial», rappelle Jacques Percebois, économiste de l’énergie, interrogé par Ouest-France.

A cela, il faut ajouter le passage de la TVA sur le gaz de 5,5% à 20% au 1er août. Et si l’Etat va baisser une taxe sur la consommation pour compenser, tous les ménages ne seront pas gagnants dans l’histoire. Les plus petits consommateurs pourraient voir leur facture de nouveau fortement augmenter.