Une période qui ravive les tensions. Organisation du repas, achat des cadeaux, réservation de billets de train… À quelques semaines de Noël, les dépenses qui s’enchaînent peuvent réveiller des conflits liés aux finances dans certains ménages. L’argent, il faut le reconnaître, reste un terrain sensible comme le confirment les chiffres.

Selon une étude Ipsos pour le courtier XTB, 13% des couples ont toujours des désaccords liés aux finances. La proportion atteint 17% chez les couples avec enfants et ceux aux revenus modestes. Et qui grimpe jusqu’à 25% chez les 18-34 ans. Si ces tensions peuvent être passées sous silence le reste de l’année, Noël et son lot de dépenses peuvent souffler sur les braises.

Cela est d’autant plus vrai cette année, puisque le budget global des Français est en baisse. En moyenne, cadeaux et repas compris, ils comptent dépenser 491 euros, soit 6 euros de moins que l’an dernier, selon une étude Cofidis publiée en novembre dernier.

Noël : le moment de trancher entre sécurité financière et plaisir

D’après l’étude Ipsos, 47% des couples privilégient leur sécurité financière, quitte à plafonner les dépenses. Mais cette prudence peut se heurter à l’esprit de Noël, surtout si les deux partenaires ne sont pas sur la même longueur d’onde. La communication, qui est un enjeu central en couple, le devient encore plus pendant cette période.

Quel budget pour les cadeaux ? Faut-il le dépasser pour se faire plaisir ? Jusqu’où faut-il être généreux avec les enfants et la famille ? Ces arbitrages budgétaires peuvent devenir de véritables sources de crispation lorsque les décisions ne sont pas partagées.

Même si l’étude montre que 66% des Français déclarent parler d’argent avec leur conjoint, l’arbitrage final reste individuel. Dans le détail, on apprend que près d’un Français sur deux en couple prend seul les décisions liées à son épargne ou à ses investissements, contre 38% qui décident avec leur partenaire.

Dans un couple sur quatre, il n’existe d’ailleurs aucun produit financier commun. Ce fonctionnement individualisé peut passer inaperçu au quotidien, mais les périodes de dépenses, comme Noël, peuvent révéler les divergences de fonctionnement.

Plus de 4 Français sur 10 n’ont pas de quoi financer Noël

Cette année, plus de 4 Français sur 10 n’ont pas le budget suffisant pour financer leurs cadeaux de Noël, selon une enquête menée par l’institut Flashs pour le courtier Ymanci. Près de 41% des 2 000 personnes interrogées vont se tourner vers des «solutions alternatives» pour régler leurs achats. Dans le détail, 44% vont puiser dans leur épargne et 44% vont se tourner vers des paiements en plusieurs fois sans frais.

«C’est une triste réalité, mais malheureusement peu surprenante au regard des difficultés persistantes de pouvoir d’achat et du fait que 22% des Français se retrouvent à découvert chaque mois selon un sondage CSA de janvier 2025», rappelle l’institut dans son communiqué.

Ainsi, lorsque l’un des partenaires peut financer ses cadeaux sans difficulté et que l’autre doit puiser dans son épargne ou recourir à des paiements fractionnés, les frustrations peuvent vite apparaître. Profiter de cette période pour discuter de ses priorités et fixer un budget commun permet de limiter les tensions et de mieux profiter des fêtes.