Trois copropriétaires ont été condamnés à de la prison ferme, ce lundi 7 juillet, à l’issue du procès de l’effondrement de deux immeubles, rue d’Aubagne à Marseille, qui avait provoqué la mort de huit personnes en novembre 2018. Propriétaire d'un appartement au numéro 65 de la rue d'Aubagne, mais aussi avocat du syndic de copropriété et élu LR au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur à l’époque des faits, Xavier Cachard a été condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique.

Pour le président du tribunal correctionnel de Marseille, Pascal Gand, «les fautes commises par Xavier Cachard constituent les plus graves». Car, à la fois copropriétaire et avocat du syndic, il a adopté «une stratégie d'obstruction de réalisation des travaux nécessaires» dans l'immeuble, avec une «emprise manifeste sur les décisions et les votes». Et il a fait preuve d’une «indifférence déplorable» vis-à-vis de l'état du logement qu'il donnait en location.

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Malaise d’un copropriétaire avant le verdict

Quant à Sébastien Ardilly, autre copropriétaire incriminé avec ses parents et leur SCI (société civile immobilière), le tribunal a retenu que tous trois étaient «personnellement informés des désordres graves» au numéro 65 de la rue d'Aubagne et qu’ils ont «fait preuve d'une indifférence totale en n’exécutant pas les travaux» nécessaires, a asséné le président du tribunal. Travaux non réalisés au niveau du plancher et du plafond, fils électriques apparents… Pour Pascal Gand, «ces fautes ont causé de façon indirecte et certaine la mort d'Ouloume Saïd Hassani», une maman comorienne qui vivait au 65 avec ses deux fils, lesquels ont survécu à l’effondrement de l’immeuble.

Avant même l’énoncé du verdict, Sébastien Ardilly a fait un malaise et l'audience a dû être suspendue une quarantaine de minutes. A la reprise, le tribunal a annoncé sa condamnation à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique. Son père Gilbert écope de quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique. Sa mère, Martine, est elle condamnée à trois ans de prison avec sursis. «La décision rendue par le tribunal correctionnel de Marseille a permis de rendre compte de la responsabilité d’une majorité des prévenus», salue la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation abbé Pierre), au nombre des 102 parties civiles constituées dans le cadre de ce procès. Des parties civiles largement suivies par le tribunal. Ce sont en effet elles qui avaient directement cité à comparaître les copropriétaires du 65 rue d'Aubagne, le seul immeuble habité lors du drame, alors qu'ils avaient été épargnés par l'instruction.