Qu’est-ce qu’un swap en finance ?

Swap (finance) : définition

Un swap est un contrat financier de gré à gré (OTC) par lequel deux parties conviennent d’échanger, sur une période déterminée à l’avance, des flux financiers futurs, calculés selon des modalités définies contractuellement (taux, indices, devises, etc.). Ce n’est pas un prêt, mais un engagement réciproque d’échange de flux.

Aucun échange de principal

À l’exception des swaps de devises, aucun échange de principal (montant de capital de référence) n’a lieu à l’origine du contrat. Le swap est donc le plus souvent conclu à valeur initiale nulle, les flux futurs étant conçus pour s’équilibrer au moment de la signature.

Lien entre Bourse et swaps

Les swaps sont négociés de gré à gré (OTC), et non sur un marché réglementé. Ils ne sont donc pas cotés en Bourse. Leur valorisation repose sur des modèles financiers et des données de marché. Toutefois, certains swaps sont adossés à des actifs ou indices cotés :

  • Equity swaps : les flux échangés dépendent de la performance d’une action ou d’un indice.
  • Les variations de taux d’intérêt, de prix d’actions ou d’indices influencent la valeur du swap.

Ainsi, même hors Bourse, le swap est exposé aux marchés financiers cotés.

Un outil d’exposition sans détention d’actions

Les swaps permettent de s’exposer à la performance d’un actif boursier, sans acheter l’action elle-même et, parfois, sans apparaître comme actionnaire direct, les droits juridiques restant à la contrepartie qui détient les titres. C’est pour cela que les swaps peuvent jouer un rôle dans les stratégies de couverture et d’investissement synthétique.

Qu’est-ce qu’un swap non financé ou financé ?

La distinction repose sur la présence ou non d’un échange de principal.

Le swap non financé

Dans un swap non financé, aucun principal n’est échangé entre les parties. Le contrat repose uniquement sur l’échange périodique de différences de flux financiers, calculées à partir d’un même montant notionnel, par exemple, un taux fixe contre un taux variable. Ce type de swap constitue la forme la plus courante.

Le risque supporté par les contreparties est donc lié aux variations des paramètres de marché (évolution des taux de référence, tels que l’Euribor, le SOFR, le €STR, le nouveau Libor ou London interbank offered rate, abandonné en 2023), et non à un capital effectivement transféré.

Le swap financé

Le swap financé inclut un échange de principal au début et à l’échéance du contrat. Les parties échangent à la fois les intérêts et le capital sous-jacent. Il est plus proche économiquement d’un montage de financement. Exemple : le swap de devises, où deux montants dans des monnaies différentes sont échangés au début, puis restitués à l’échéance.

Quelle est la traduction de « swap » en français ?

En anglais, « swap » signifie « échanger ». Le verbe « to swap » désigne le fait de donner quelque chose contre autre chose, de manière réciproque. Le nom « swap » renvoie donc à un échange convenu entre deux parties. En finance, le terme conserve ce sens de base : un swap est un échange contractuel de flux financiers.

Qui utilise les swaps en finance (Europe, France et international) ?

Acteurs principaux

Les swaps sont utilisés par des acteurs institutionnels. En Europe, leurs principaux utilisateurs sont les banques, les établissements financiers, les entreprises non financières de grande taille, les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d’assurance, sociétés de gestion) ainsi que les États et collectivités publiques.

À l’échelle internationale, les swaps constituent l’un des instruments les plus échangés sur les marchés de dérivés de gré à gré, notamment aux États-Unis, dans la zone euro et au Royaume-Uni. Les particuliers y ont très peu accès, en raison de la complexité juridique.

Les swaps comme produits financiers dérivés

Les swaps sont des produits financiers dérivés, dont la valeur dépend de celles d’actifs sous-jacents, très variés : taux d’intérêt, devises, indices d’inflation, indices boursiers, matières premières ou risque de crédit. Le swap ne donne pas lieu à l’échange du capital sous-jacent : il organise uniquement l’échange de flux financiers futurs.

L’intérêt principal des swaps : la couverture du risque

L’usage dominant des swaps est la couverture (hedging) contre un risque financier identifié. Une entreprise peut ainsi chercher à réduire l’incertitude liée à la volatilité des marchés, sans modifier la structure de son financement initial. Le swap permet d’échanger un flux jugé risqué contre un flux plus prévisible, tout en conservant les contrats de dette.

Cette fonction de couverture explique l’importance des swaps dans la gestion financière des entreprises industrielles, commerciales ou publiques.

Les swaps de taux : stabiliser le coût du financement

Dans le cas d’un swap de taux d’intérêt, une contrepartie peut échanger un taux variable contre un taux fixe, afin de sécuriser le coût de son endettement. Et inversement. Le swap permet donc d’adapter le profil de risque d’un financement sans renégocier le prêt initial. Cela représente aujourd’hui la majorité des swaps échangés sur les marchés.

Les swaps et la spéculation financière

Les swaps peuvent être utilisés à des fins de spéculation. L’objectif n’est plus de réduire un risque, mais de tirer profit d’anticipations de marché. Cette utilisation concerne surtout les banques d’investissement, les fonds spéculatifs et certains investisseurs institutionnels, et fait l’objet d’une surveillance accrue.

Un outil central, mais encadré par la régulation

Depuis la crise financière mondiale de 2008, l’utilisation des swaps est davantage encadrée par les autorités de régulation, notamment en Europe (EMIR) et aux États-Unis (Dodd-Frank Act). Ces règles visent à limiter le risque systémique, à améliorer la transparence des marchés de dérivés et à renforcer la solidité des contreparties.

Qu’est-ce que l’ISDA ?

L’ISDA (International Swaps and Derivatives Association) est une organisation professionnelle internationale qui regroupe les principaux acteurs des marchés de produits dérivés. Fondée en 1985, l’International Swaps and Derivatives Association a pour mission principale de standardiser et sécuriser les marchés des dérivés, en particulier les swaps.

Quels sont les différents types de swap ?

Les swaps de taux d’intérêt (Interest Rate Swaps  IRS)

Les swaps de taux d’intérêt dont figure de poids lourds en termes de volume dans le marché des swaps. Ils consistent à échanger des flux d’intérêts calculés sur un même montant notionnel, le plus souvent un taux fixe contre un taux variable (indexé sur un taux de référence comme l’Euribor ou le SOFR).

Les swaps de base (Basis Swaps)

Les swaps de base sont une catégorie particulière de swaps de taux. Ils consistent à échanger deux taux variables différents, par exemple un Euribor 3 mois contre un Euribor 6 mois, ou un taux européen contre un taux américain. Ils sont utilisés par les institutions financières, afin de gérer des écarts de liquidité.

Les Credit Default Swaps (CDS)

Les Credit Default Swaps sont comme une assurance contre le risque de défautd’un émetteur (entreprise ou État). L’acheteur de protection verse une prime périodique au vendeur de protection, et reçoit une indemnisation si un événement de crédit survient (défaut, restructuration, faillite).

Les CDS jouent un rôle central dans la gestion et la transmission du risque de crédit, mais peuvent également être utilisés comme instruments de spéculation, d’où leur encadrement renforcé depuis la crise de 2008.

Les swaps de matières premières (Commodity Swaps)

Les swaps de matières premières permettent d’échanger un prix fixe contre un prix variable, indexé sur un indice de marché (pétrole, gaz, métaux…). Ils sont utilisés par des entreprises industrielles ou agricoles afin de stabiliser leurs coûts ou leurs revenus. Ces swaps sont négociés de gré à gré et adaptés aux besoins des contreparties.

Les swaps de change ou de devises (Currency Swaps/Cross-Currency Swaps)

Les swaps de devises (Cross currency swap) consistent à échanger des flux d’intérêts et parfois le principal dans une devise contre des flux équivalents dans une autre devise. Ils sont utilisés pour se financer dans une devise étrangère, couvrir un risque de change ou optimiser une structure de dette internationale.

Contrairement à la plupart des autres swaps, ces contrats impliquent souvent un échange effectif de principal au début et à l’échéance.

Les options sur swaps (Swaptions)

Ce sont des options donnant le droit, et non l’obligation, d’entrer dans un swap à une date future et selon des conditions prédéfinies. Elles sont largement utilisées pour gérer le risque de taux avec plus de flexibilité, notamment par les banques et les grands investisseurs institutionnels.

Les swaps sur actions (Equity Swaps)

Les swaps d’actions permettent d’échanger la performance d’une action ou d’un indice boursier (dividendes inclus) contre un autre flux, souvent un taux d’intérêt. Ils offrent une exposition économique à des actions sans détention directe, ce qui peut faciliter certaines stratégies financières, fiscales ou réglementaires.

Les Total Return Swaps (TRS)

Les Total Return Swaps permettent à une contrepartie de recevoir l’intégralité de la performance (positive ou négative) de l’actif. En échange, elle verse un flux financier prédéfini, indexé sur un taux d’intérêt. Les actifs sous-jacents sont très différents : actions, indices boursiers, portefeuilles de créances ou autres instruments financiers.

Les swaps spécialisés

Il existe enfin de nombreux swaps plus spécifiques, parmi lesquels :

  • les asset swaps ;
  • les swaps d’inflation (Inflation Swaps) ;
  • les constant maturity swaps (CMS) ;
  • les swaps de volatilité (Variance Swaps).

Ces instruments répondent à des besoins très ciblés de gestion du risque et sont surtout utilisés par des acteurs financiers sophistiqués.

Quel est le risque d’un swap en finance ?

Les swaps comportent des risques importants qui doivent être pris en compte lors de leur utilisation.

Le risque de marché

Le risque de marché est le risque principal d’un swap. Il résulte de l’évolution défavorable du sous-jacent (taux d’intérêt, devise, inflation, indice, etc.). Par exemple, dans un swap de taux, une hausse imprévue des taux variables peut rendre l’échange défavorable à la partie qui les paie. La valeur du swap peut alors devenir négative pour l’une des contreparties.

Le risque de taux d’intérêt

Dans les swaps de taux, le risque spécifique tient à l’écart entre taux fixe et taux variable. Une mauvaise anticipation de l’évolution future des taux peut entraîner un coût financier supérieur à celui du financement initial. Le swap, censé stabiliser la charge financière, peut ainsi produire l’effet inverse.

Le risque de crédit (ou risque de contrepartie)

Le risque de crédit correspond à la possibilité qu’une contrepartie ne respecte pas ses obligations contractuelles. Si la situation financière de l’une des parties se dégrade ou si elle fait défaut, l’autre partie peut subir une perte, même si le swap lui était favorable. Ce risque est particulièrement important dans les swaps conclus de gré à gré (OTC).

Le risque de liquidité

Un swap est un contrat sur-mesure, souvent non négocié sur un marché organisé. Il peut donc être difficile à céder ou à déboucler avant son échéance. En cas de besoin de sortie anticipée, la contrepartie peut être contrainte d’accepter un coût élevé ou de renégocier le contrat dans des conditions défavorables.

Le risque de valorisation

La valeur d’un swap dépend de modèles de valorisation reposant sur des hypothèses de marché (courbes de taux, volatilité, corrélations). Une mauvaise modélisation ou des hypothèses inadaptées peuvent conduire à une évaluation incorrecte du risque réel, notamment en période de forte instabilité financière.

Le risque juridique et opérationnel

Les swaps reposent sur des transactions complexes, souvent standardisées, mais juridiquement exigeantes. Une mauvaise rédaction, une erreur opérationnelle ou un désaccord sur l’interprétation des clauses peut générer des litiges ou des pertes financières. Ce risque est accru lorsque les contreparties sont situées dans des juridictions différentes.

Une sensibilité globale aux marchés financiers

Les swaps sont fortement sensibles aux fluctuations des marchés financiers. En période de volatilité élevée, plusieurs risques peuvent se combiner (marché, crédit, liquidité), ce qui peut amplifier les pertes. C’est pour cette raison que l’utilisation des swaps nécessite une gestion rigoureuse des risques et un cadre de contrôle strict.

Comment calculer un swap ?

Principe général du calcul d’un swap

Calculer un swap consiste à évaluer et comparer la valeur actualisée des flux futurs échangés entre les deux parties. Un swap est structuré de façon à avoir, au moment de sa conclusion, une valeur nette nulle : la valeur du flux payé est égale à celle du flux reçu. Le calcul repose donc sur :

  • un montant notionnel (le principal de référence) ;
  • un échéancier de paiements ;
  • des taux d’intérêt ou indices ;
  • une actualisation des flux futurs.

Absence de méthode de calcul unique

Il n’existe donc pas de méthode de calcul universelle. Cela dépend des éléments cités ci-dessus. En pratique, chaque catégorie de swap fait appel à des modèles de valorisation propres, adaptés à la nature du sous-jacent et au profil de risque du contrat. Mais tous les swaps reposent sur un principe : l’actualisation et la comparaison de flux futurs.

Comment fonctionne le swap en trading et finance ?

Swap en finance : le contrat d’échange français

Un swap est un contrat d’échange de flux financiers conclu entre deux parties. Dans sa forme la plus courante, l’une des parties effectue des paiements variables, indexés sur l’évolution d’une référence de marché, tandis que l’autre verse des paiements déterminés à l’avance, selon un facteur fixe.

Le swap ne porte pas sur un transfert de capital, mais uniquement sur l’échange périodique de flux calculés sur un montant notionnel.

Les éléments essentiels d’un contrat de swap

Pour fonctionner correctement, un contrat de swap doit préciser un ensemble d’éléments contractuels indispensables. Il s’agit notamment :

  • du montant nominal (ou notionnel), servant de base de calcul ;
  • de la date de départ du contrat ;
  • de la durée du swap ;
  • des caractéristiques du flux fixe (taux, base de calcul, périodicité des paiements) ;
  • des caractéristiques du flux variable (indice de référence, modalités de calcul, échéancier).

Ces paramètres permettent de déterminer les flux échangés tout au long de la vie du contrat.

Fonctionnement économique du swap

Le swap permet à chaque partie de modifier son exposition au risque sans toucher à l’actif ou à la dette sous-jacente. Chacune continue de supporter son engagement, mais neutralise ou transforme son risque grâce à l’échange de flux. L’intérêt repose donc sur les anticipations divergentes des parties.

Une obligation de compensation centrale

Depuis la crise de 2008, les swaps sont soumis à un cadre juridique et réglementaire renforcé. En Europe, le règlement EMIR impose, pour certaines catégories de swaps de taux d’intérêt, une obligation de compensation centrale. Elle concerne notamment :

  • les swaps taux fixe contre taux variable ;
  • les basis swaps ;
  • les swaps indexés sur des taux au jour le jour.

L’objectif est de réduire le risque de contrepartie et d’améliorer la stabilité du système financier au sein de l’Union européenne.

Exemple simple de fonctionnement d’un swap

Prenons le cas de deux entreprises aux anticipations opposées :

  • La première dispose d’un placement à taux fixe de 3 % et anticipe une hausse des taux au-delà de ce niveau.
  • La seconde détient un placement à taux variable de 3,5 % et anticipe au contraire une baisse des taux.

Ces deux entreprises concluent un swap dans lequel la première verse les flux correspondant au taux fixe de 3 % et la seconde verse les flux correspondant au taux variable indexé.

Le résultat du swap

Au final, les variations du taux variable déterminent l’avantage économique du swap. Si le taux variable augmente, la première entreprise est avantagée ; s’il diminue, la seconde l’est. Le swap joue ainsi son rôle : transférer le risque de marché entre deux acteurs sans échange de capital.