Voilà un moment qu'on n'avait plus entendu parler de Jack Ma. Un peu plus de 4 ans, en l'occurrence. Le fondateur d'Alibaba, autrefois l’homme le plus riche de Chine, était en effet tombé en disgrâce fin 2020 après des propos controversés sur la stratégie économique de Pékin. Lundi dernier, il a fait sa première apparition publique depuis toutes ces années, lors d'un événement officiel aux côtés du président Xi Jinping, comme relayé par Capital.

La chaîne d'Etat CCTV a diffusé une vidéo où Jack Ma applaudit le président et d'autres membres de la haute direction du parti communiste chinois (PCC). Etaient également présents à l'événement consacré aux nouvelles technologies, des représentants d'entreprises telles que Tencent, BYD, Huawei et DeepSeek. Cette apparition du fondateur d'Alibaba semble donc témoigner d'un réchauffement des relations avec le pouvoir, après une période d' «effacement».

Une fortune en baisse de 44% depuis 2021

Fin 2020, Jack Ma s'était montré critique vis à vis de la stratégie chinoise visant à minimiser les risques dans le système financier. Selon ses mots, les banques traditionnelles étaient gérées par des «prêteurs sur gages». De quoi ulcérer le pouvoir en place et les régulateurs chinois, qui ont, dans la foulée, fait suspendre l’introduction en bourse de la filiale fintech d’Alibaba, Ant Group, opérateur de la plateforme de paiement Alipay. Cette introduction aurait rapporté à l’entreprise environ 34 500 millions de dollars et aurait placé sa valorisation à 314 000 millions de dollars.

Avant ce coup d'éclat, Ma était l’homme le plus riche du pays. Si sa fortune a été entamée, il reste la huitième fortune chinoise avec un patrimoine estimé à 27 milliards de dollars, soit 44 % de moins qu’en 2021. Après son affrontement avec le gouvernement, Ma a gardé un profil bas. Sa disparition du paysage médiatique a suscité des soupçons d'arrestation. Mais ses apparitions ponctuelles, toujours discrètes, lors de visites dans des écoles par exemple, semblaient indiquer que ça n'était pas le cas. Pour certains observateurs, son retour en grâce pourrait être le signe d'une volonté de Pékin de regagner la confiance du secteur privé.