C’est un nouveau coup de massue pour la France. Ce vendredi 19 décembre, les taux d’intérêts tricolores à long terme se sont pour le moins tendus, le rendement de l’obligation assimilable du Trésor (OAT) à 10 ans ayant en effet accusé une hausse de plus de 5 points de base (pb) pour s’établir à 3,61 %. Quant à l’OAT sur le taux à long terme à 30 ans, ce dernier a gagné près de 7 points à 4,52 %. Il s’agit là de leur plus haut niveau depuis 2011 pour l’un et même depuis 2009 pour le second.

Un constat qui n’a pas manqué de faire réagir l’économiste Marc Touati qui, sur X, a ainsi estimé que «le Titanic est bien en train de sombrer» tandis que «certains osent encore fanfaronner», a-t-il écrit tout en évoquant «une honte». Mais alors, comment expliquer de tels résultats ? Alors que la remontée des taux longs est un phénomène plutôt large qui concerne l’ensemble des pays européens, les discussions actuelles autour du prochain budget pourraient également y être pour quelque chose. En effet, si notre pays est aujourd’hui dans l’impossibilité d’empêcher le dérapage de la dette publique, l’échec de la dernière commission mixte paritaire (CMP) qui s’est tenue vendredi dernier entre sénateurs et députés sur le budget de l’État ne risque pas d’adoucir le jugement des investisseurs.

La dette continue inexorablement son envolée

D’autant que dans le même temps, la dérive budgétaire se poursuit. Pour preuve, le même jour, l’Insee a annoncé que la dette publique française s’était alourdie de 66 milliards d’euros lors du troisième trimestre pour atteindre 117,4 % du PIB, soit une hausse de près de 2 points par rapport au deuxième trimestre (115,7 %). Désormais, celle-ci atteint un triste record qui remonte à la période du Covid lorsqu’elle s’était établie à 117,8 % du PIB, rapporte le site Les Échos. Ainsi, la charge d’intérêt qui était attendue à 65 milliards d’euros pour cette année pourrait finalement grimper à 74 milliards d’euros l’an prochain et même dépasser les 100 milliards d’euros d’ici 2029.

Pour autant, chez nos voisins allemands, la situation ne semble pas être, elle non plus, au beau fixe. Les taux allemands se sont eux aussi tendus, l’OAT à 10 ans ayant pris plus de 4 pb à 2,4 % quand celui à 30 ans a atteint 3,54 %, soit son plus haut niveau depuis 2011.