"J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie", écrivait Paul Nizan en 1932, dans les premières lignes de son pamphlet Aden Arabie. Neuf décennies plus tard, cette fameuse petite phrase n’a jamais été autant d’actualité. Ce n’est pas Justine qui dira le contraire. L’an dernier, cette étudiante en licence a passé plus de six mois à chercher une formation en alternance dans le domaine des ressources humaines. Du fait de la crise sanitaire, elle a dû envoyer plus de 200 candidatures avant d’obtenir enfin une réponse positive, juste avant le commencement de son cursus. Son parcours du combattant aurait pu s’arrêter là, mais le rebond de l’épidémie est encore venu tout bouleverser. Depuis la rentrée, ses périodes en entreprise, une société de restauration rapide, se sont transformées en chômage partiel. Cela n’a certes pas eu d’impact sur sa situation financière : son salaire étant inférieur au Smic, elle continue d’en percevoir la totalité. Mais son apprentissage sur le terrain, censé faciliter son employabilité, est inexistant. "Je pourrai difficilement le faire valoir comme une première expérience professionnelle", s’inquiète Justine.

Le Covid n’est vraiment pas l’ami des jeunes. A cause de ce minuscule virus, des millions d’entre eux sont plongés depuis un an dans l’angoisse, et ils clament leur mal-être à grands coups de tweets. "J’ai conscience des sacrifices qui ont été demandés à notre jeunesse ces derniers mois", a reconnu cet automne Emmanuel Macron, en promettant solennellement de tout faire pour les aider. Il faut dire que, derrière, ça pousse. La gauche fait pression depuis des mois pour la mise en place d’un "minimum jeunesse" ou d’une extension du RSA aux moins de 25 ans, LR exige qu’on instaure des "chèques alimentaires" pour ceux qui sont le plus en difficulté, Stanislas Guerini, le délégué général de LREM, propose un prêt de 10.000 euros à taux zéro pour passer les temps difficiles. Les villes et les régions ne sont pas en reste : Lyon vient d’annoncer la création d’une aide pour les 18-25 ans en grande précarité et l’Ile-de-France d’un "revenu jeunes actifs", conditionné au suivi d’une formation professionnelle. Pour faire bonne mesure, 160 personnalités de tous bords, dont Lilian Thuram et Xavier Niel, ont lancé début mars un appel à se mobiliser pour cette "génération sacrifiée".

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