C’était une déclaration aussi inattendue qu’étonnante. Dimanche 16 mars, invité de France Inter et de Franceinfo, le Premier ministre a écarté tout simplement un retour de l’âge de départ à la retraite à 62 ans alors que se tient un conclave sur les retraites jusqu’au mois de mai. François Bayrou a continué à défendre l’idée de ce «conclave» et assuré «faire confiance» aux organisations syndicales pour trouver une solution, mais il s’est attiré les foudres de ces dernières et de l’opposition.

Dans la foulée, le ministre de l’Economie a soutenu son Premier ministre. Sur BFMTV, Eric Lombard a rappelé que «la position du gouvernement, elle, a été exprimée par le Premier ministre». Cependant, signe de premières tensions au sein du gouvernement, il a rappelé que sa «position», qu’il a repartagée et qu’il «sait partagée avec le Premier ministre», restait la même : «C’est aux partenaires sociaux de décider». Un soutien sur la forme, souligne Le Point, mais sur le fond, la position du gouvernement reste la même selon le locataire de Bercy : «C’est que le conclave doit se prononcer, et cet engagement du conclave aura une force considérable.»

Eric Lombard plébiscite le dialogue social

En réalité, Eric Lombard a soutenu François Bayrou sur un point : le retour à un âge de la retraite à 62 ans «a un coût élevé». Mais le ministre a joué à un jeu d’équilibriste en laissant la main aux parties présentes autour de la table : «Si les partenaires sociaux souhaitaient que les 62 ans soient rétablis», cela demanderait «que les autres critères soient modifiés de façon très forte pour être dans cette trajectoire d'équilibre».

Puis, encore une fois, Eric Lombard a soutenu son Premier ministre à demi-mot : «Je fais partie avec le Premier ministre de celles et ceux qui pensent que le dialogue social, c'est absolument essentiel.» La position de François Bayrou semble donc de plus en plus fragile, car si le ministre de l’Economie a tendu la main au conclave sur les retraites, dans le camp présidentiel, l’ancien Premier ministre Edouard Philippe a pris ses distances vendredi.

Jugeant «ce ‘conclave' complètement hors-sol», il s’est étonné «qu'il existe encore». Une prise de position qui n’a guère plu à François Bayrou, évoquant «une divergence avec Édouard Philippe». Ce dernier lui a de nouveau répondu dimanche en estimant être un «vrai partisan de la démocratie sociale», mais «sur des sujets qui ont un sens».