
Initialement conçu comme une bouée de sauvetage face à la crise sanitaire, le prêt garanti par l’Etat (PGE) pèse désormais lourdement sur de nombreuses petites entreprises. Déployé en mars 2020, lors du premier confinement, ce dispositif d'urgence visait à éviter l’effondrement du tissu économique français. Inscrit dans la logique du «quoi qu’il en coûte», il a permis à plus de 680 000 entreprises – majoritairement des TPE et PME – de contracter plus de 800 000 prêts à des conditions avantageuses, rappelle Le Parisien ce mardi 24 juin.
Mais cinq ans plus tard, le bilan est en demi-teinte. Sur les 145 milliards d’euros empruntés, 107 milliards ont été remboursés, environ 30 milliards restent dus, et 5 milliards ont été pris en charge par l’Etat. Pour certaines structures, en particulier les plus fragiles financièrement, le remboursement devient un véritable fardeau. «La mise en place des PGE a été salutaire mais les entreprises ayant contracté un PGE de nécessité, et non de confort, ont affronté depuis une crise multifactorielle», analyse auprès de nos confrères Denis Le Bossé, président du Cabinet ARC, spécialisé dans le recouvrement de créances bancaires et commerciales.
Les défaillances d’entreprises ont explosé
Selon lui, les structures manquant de capitaux propres sont aujourd'hui particulièrement exposées au risque de défaillance. De son côté, Patrick Senicourt, président de Nota-PME, estime que le dispositif souffre d’un défaut de conception : «Leur structure de remboursement sur quatre ans était fondamentalement incompatible avec la rentabilité d’une grande partie des TPE et PME». Les entreprises ont en effet pu emprunter jusqu’à 25% de leur chiffre d’affaires, ce qui se traduit par un remboursement annuel de 6,25 % – un seuil de rentabilité que plus de la moitié des petites structures françaises n’atteignent pas, selon lui.
Dans un climat économique incertain, les défaillances se multiplient. En 2023, plus de 65 000 entreprises ont cessé leur activité, un niveau record. D’après l’U2P, quelque 300 000 petites entreprises doivent encore rembourser un PGE. Jusqu’à présent, la Banque de France a traité environ 1 500 demandes de restructuration de ces prêts, dont une majorité portait sur des montants supérieurs à 50 000 euros.

















