L'avertissement lancé, ce vendredi 24 octobre, par l'agence de notation Moody’s n’est pas sans conséquence. Si celle-ci a maintenu la note souveraine de la France, elle a abaissé sa perspective de «stable» à «négative». «Toutes les agences (de notation) s'alarment de l'instabilité politique et de notre sérieux problème budgétaire», s’inquiète le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, dans une interview publiée par La Croix.

Selon lui, la France n’est «pas menacé de faillite, mais d'étouffement progressif», notamment en raison de la charge des intérêts qui augmente. François Villeroy de Galhau a aussi alerté sur le risque «par contagion» d’emprunts «plus chers pour les ménages et les entreprises» en France. Néanmoins, le choix de Moody’s de maintenir la note AA3, qui correspond à une dette de bonne qualité, montre que «notre pays garde des atouts». Le gouverneur de la Banque de France espère d’ailleurs une croissance d'au moins 0,7 % cette année.

François Villeroy de Galhau plutôt favorable à la taxe Zucman

Alors qu’il y a quelques semaines, François Villeroy de Galhau s’était dit favorable à «des mesures anti-optimisation fiscale sur les hauts patrimoines», le gouverneur de la Banque de France a été interrogé sur la taxe Zucman. Celle-ci prévoit un impôt de 2 % sur les contribuables les plus riches. Il souhaite que «ceux qui ont le plus» s’acquittent de «leur juste part d’impôt».

«Aujourd'hui, il n'est pas juste que les plus aisés minorent leur impôt via des mécanismes comme les holdings patrimoniales, ou diverses niches fiscales. Ceci doit changer», a-t-il affirmé, tout en continuant à appeler les partis politiques à effectuer «des compromis». Toutefois, François Villeroy de Galhau alerte sur le risque que ferait peser un «impôt magique» sur «les entrepreneurs, et ceux qui créent des emplois et qui innovent».